
La Première ministre a lancé les activités de commémoration de l’édition 2024 du Génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST) ce vendredi 2 août à Kisangani par une visite au cimetière érigé dans la commune de Makiso, à Kisangani, en présence du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, et du Directeur général du Fonds national pour la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité -FONAREV-, Kevin Ngunga.
Dans cette nécropole, 8 membres d’une même famille, la famille Otshudi, ont été enterrés dans une fosse commune après avoir été massacrés simultanément. Sur place, Judith Suminwa a rencontré la seule survivante de cette famille. Après des chaleureuses étreintes comme pour dire, à la manière de la devise du FONAREV, que les victimes des atrocités ne seront «plus jamais seules», la survivante a raconté son calvaire encore frais dans ses souvenirs, au cours d’un instant rempli d’émotions.
Le DG du FONAREV a expliqué à la Première ministre les dispositions prises pour aménager ce site mémoriel. Un saut dans le passé à travers des images ont permis de retracer la guerre entre le Rwanda et l’Ouganda sur le sol congolais et les morts que ces combats ont provoqués.
Dans une procession rythmée par l’hymne aux morts, exécuté par la fanfare de la Garde républicaine, la Première ministre s’est arrêtée notamment devant 3 stèles érigées en vue du recueillement sur ce site chargé de souvenirs et d’émotions. Ces stèles sont respectivement dédiées aux victimes du massacre des guerres de 1 jour, 3 jours et 6 jours jetées dans le fleuve Congo et la rivière Tshopo; aux victimes des agressions du Rwanda et de l’Ouganda ainsi qu’aux victimes dont les corps ont été disséminés et enterrés dans la ville et les périphéries de Kisangani, après avoir été les cibles des agressions rwandaises et ougandaises. Dans ce cimetière rempli d’histoire, 93 croix sont plantées, en référence à l’année 1993, retenu, aux termes de l’article 1er de la loi du 26 décembre 2022 fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, comme point de départ des faits à réparer.
La date du 2 août est symbolique. Le 2 août 1998 marque le début de la deuxième guerre de la RD-Congo. Depuis 2023, cette journée est dédiée à la commémoration des millions de RD-Congolais victimes d’atrocités liées aux conflits armés. Dans le pilier 2 de son Programme d’actions, Suminwa a pris en compte l’aspect réparation en faveur des victimes des atrocités, tout en prévoyant des garanties de non répétition.

