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Affaire prise en délibéré, Kamerhe se lâche: «c’est un procès politique»

«Je ne suis ni surpris, ni choqué. Je l’ai dit à ma femme que la messe est dite. Vous entendrez 20 ans! Préparez déjà les enfants! J’accepte ce qui m’arrive. La vraie justice viendra de Dieu», a dit Vital Kamerhe jeudi 11 juin au tribunal, lui demandant de constater son innocence, soutenant que ni le Procureur, ni la Partie civile, personne n’a pu prouver sa culpabilité, personne n’a pu démontrer comment il a détourné les 48 millions de dollars pour lesquels il est poursuivi. Pour le Directeur de Cabinet du Chef de l’État, l’affaire qui l’oppose au ministère public «est un procès politique» visant le Président de la République, Félix Tshisekedi, à  travers le chef de son Cabinet. Son avocat a pu identifier les personnes à la manœuvre,les adversaires politiques de Félix Tshisekedi réfractaires au succès de son programme d’urgence des 100 jours. «Des magistrats peuvent servir au mobile politique. 2022 c’est la précampagne et 2023, les élections», s’est écrié Me Kabengela. En réplique au propos du ministère publique l’accusant d’avoir «tendance à se cacher derrière le Chef de l’Etat alors qu’il a engagé «sa responsabilité», Kamerhe a redit qu’il s’agit du programme du Président, avant de revenir sur le communiqué du 25 janvier 2019, affirmant l’avoir signé au nom de Félix Tshisekedi, rappelant que le directeur de cabinet intérimaire, Eberande Kolongele, a récemment évoqué cet acte officiel -et cela n’a ému personne- pour demander à la ministre de la Fonction publique d’annuler sa décision portant affectation des Secrétaires généraux de l’Administration publique. Kamerhe a surtout demandé à la population, dans les quatre langues nationales, d’ouvrir les yeux parce que les intérêts du pays sont en jeu. Le ministère public a requis 20 ans des travaux forcés pour détournement contre le directeur de cabinet du Président de la République, le patron de Samibo Samih Jammal et Jeannot Muhima, responsable du service Import-Export à la Présidence de la République depuis 2001. Puis 10 ans de privation du droit de vote et d’accès aux fonctions publiques… principalement contre Kamerhe.    

Pour le compte de la défense, Me Kabengela a indiqué que la peine des travaux des  forcés requis contre son client l’est en violation de la Constitution. L’avocat a demandé en vain la surséance de l’audience pour une saisine de la Cour constitutionnelle en inconstitutionnalité de cette peine. Après avoir acté que Kamerhe a clamé son innocence, le tribunal a clos le débat et pris l’affaire en délibéré, promettant de rendre son verdict le 20 juin.

Natine K.  

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