
Le Conseil des Nations unies ouvre, ce vendredi 7 février à Genève en Suisse, une session extraordinaire qui va examiner la crise dans l’Est de la RD-Congo, marquée par le carnage humanitaire perpétré par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23, et son impact sur les droits humains. Cette réunion, à la demande de Kinshasa, capitale de la RD-Congo, se tiendra 24 heures avant un Sommet des Chefs d’Etat des pays d’Afrique de l’Est et Australe à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, d’après le Président kenyan et Président en exercice de la Communauté de l’Afrique de l’Est -EAC-, William Ruto.
Dans un communiqué publié au début de cette semaine, l’organisation onusienne a souligné que cette réunion est soutenue par plusieurs dizaines de pays membres du Conseil et par des observateurs. «Pour qu’une session extraordinaire soit convoquée, le soutien d’un tiers des 47 membres du Conseil -16 ou plus- est nécessaire. Cette demande est à ce jour soutenue par les 27 États membres du Conseil suivants: l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Allemagne, la Belgique, la Bulgarie, le Burundi, le Chili, Chypre, la Colombie, le Costa Rica, l’Espagne, la France, le Ghana, les Îles Marshall, l’Islande, le Japon, le Kirghizstan, la Macédoine du Nord, le Malawi, le Maroc, les Pays-Bas, la République de Corée, la République dominicaine, la RD-Congo, la Roumanie, la Suisse et la République tchèque. La demande est également soutenue par les 21 États observateurs suivants: l’Australie, l’Autriche, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, le Liechtenstein, la Lituanie, le Luxembourg, la République de Malte, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède», a-t-on appris dans ce communiqué. Par ailleurs, cette même source a affirmé que cette réunion sera retransmise en direct sur le webcast de l’ONU dans les six langues officielles des Nations unies.
Deuxième session spéciale après celle de 2008
Ce sera la deuxième session spéciale sur la situation des droits humains dans l’Est de la RD-Congo après une session spéciale en novembre 2008. Cette session avait adopté une résolution condamnant les violences, les violations et les abus des droits de l’homme commis au Kivu, en particulier les violences sexuelles et le recrutement par les milices d’enfants soldats.
Sommet conjoint SADC-EAC
Le Président RD-congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue du Rwanda Paul Kagame sont attendus au sommet conjoint de la Communauté de développement de l’Afrique australe -SADC- et de la Communauté de l’Afrique de l’Est -EAC- qui va avoir lieu, ce vendredi 7 et samedi 8 février 2025 à Dar-es-Salaam, en Tanzanie. Ce grand rendez-vous sera axé sur la guerre dans l’Est de la RD-Congo, menacé par les avancées du groupe terroriste M23 allié aux forces rwandaises.
D’après la présidence kényane, cette initiative est le fruit d’un accord entre Emmerson Mnangagwa, Président du Zimbabwe et actuel Président de la SADC, et William Ruto, Président du Kenya et Président en exercice de l’EAC. «La paix et la sécurité sont des ingrédients essentiels au commerce et à l’investissement dans notre région. Je suis heureux que les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe et de la Communauté de l’Afrique de l’Est aient convenu de se réunir conjointement pour discuter du conflit dans l’Est de la RD-Congo. Grâce à notre effort collectif, nous assurons que la sécurité règne sur notre continent», a déclaré William Ruto.
La même source a précisé que les Présidents RD-congolais Félix-Antoine Tshisekedi et rwandais Paul Kagame ont confirmé leur présence à cette rencontre qui sera précédée d’une réunion ministérielle ce vendredi 7 février avant la réunion des Chefs d’État samedi 8 février. D’autres Chefs d’Etat ont également confirmé leur présence, notamment Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud, Kaguta Museveni d’Ouganda et Hassan Mohamud de Somalie.
Une riposte rigoureuse et coordonnée
Lors de son adresse à la nation, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi avait lancé un message d’espoir, assurant que son pays surmontera cette tempête. Le cinquième Président de la RD-Congo avait annoncé une «riposte rigoureuse et coordonnée» contre les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda. Il avait également condamné la passivité de la Communauté internationale. Et de rassurer: «soyez sûrs d’une chose: la RD-Congo ne se laissera ni humilier ni écraser. Nous nous battrons et nous triompherons».
Hénoc AKANO
