
La tradition parlementaire a été respectée. Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a ouvert, lundi 16 septembre au Palais du peuple à Kinshasa, la session ordinaire de septembre essentiellement budgétaire. Conformément aux dispositions des articles 15, alinéa 1er et 2ème de la Constitution et 83, alinéa 1er et 2ème du Règlement intérieur du Sénat, la session ordinaire de septembre s’ouvre solennellement le 15 septembre de chaque année. Si ce jour est férié ou tombe un dimanche, l’ouverture de la session a lieu le premier jour ouvrable qui suit. C’est la raison pour laquelle l’ouverture solennelle de cette session est intervenue le lundi 16 septembre.
Dans son allocution qui constituait le seul point à l’ordre du jour, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde a été très sévère quant à la sauvegarde de la souveraineté nationale durant cette session qui inaugure la 4ème législature de la troisième République dans cette chambre. Rappelant que le 15 septembre de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale de la démocratie, Sama a fait savoir que le Parlement est le lieu par excellence où s’exerce cette démocratie.
Aussi, a-t-il souhaité un bon retour des vacances à tous les élus et les a appelés à la réflexion pour donner un réel contenu au concept de la démocratie fondée sur des valeurs telles que la justice, l’égalité, la solidarité, la tolérance, le pluralisme, la prise en considération des minorités, l’amour de l’autre, le dialogue, et la volonté de vivre ensemble. Pour lui, il est impérieux pour les élus des élus de redéfinir une politique parlementaire claire, en phase avec la vision constamment éclairée du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi qui n’est pas opposée à des échanges directs avec les véritables instigateurs de l’insécurité, qui déstabilisent la partie Est de la RD-Congo.
Adoption de la Loi des finances 2025
Tout au long de son allocution qui a passé en revue la situation sécuritaire, politique, économique et sociale du pays tel qu’il s’en est bien rendu compte durant ses vacances parlementaires, le speaker du Sénat a aussi souhaité une cordiale bienvenue au président de l’Assemblée nationale et à tous les membres de son bureau, à la Première ministre et son équipe gouvernementale, aux hauts responsables de la justice et des administrations civile et militaire présents à la cérémonie.
Il a salué l’expression d’amitié connotée par la présence du corps diplomatique, des représentants du système des Nations unies, de l’Union africaine, et d’autres organisations internationales. Laquelle présence est un motif de joie pour Sama Lukonde vu l’intérêt que ceux-ci portent aux activités parlementaires de la RD-Congo. Cette session étant essentiellement consacrée à l’adoption de la Loi des finances 2025, Jean-Michel Sama Lukonde a appelé les sénateurs, représentants constitutionnels des provinces, à porter plus leur attention sur les crédits accordés aux provinces, plus particulièrement sur la matérialisation des projets retenus au profit des provinces.
Les efforts de Tshisekedi pour la paix salués
Concernant la situation sécuritaire, le président de la Chambre haute du Parlement a fustigé l’implication probante de certaines multinationales d’une part, et de certains pays voisins d’autre part, qui apportent leurs soutiens financier, logistique ou militaire aux groupes armés, qu’il ne faut ni ignorer ni minimiser. D’où il appelle la Communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre un terme à cette ingérence extérieure.
«Nous exigeons des sanctions appropriées à l’encontre des responsables des crimes d’agression, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de génocide commis en RD-Congo», a-t-il lancé. C’est dans cette perspective qu’il a félicité le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour les efforts fournis dans le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, afin de leur permettre de contrer efficacement cette occupation injuste.
Au plan politique, Sama Lukonde a souligné qu’à cause des retards observés dans l’organisation des scrutins, consécutivement à l’annulation des élections dans les circonscriptions électorales de Masimanimba, dans la province du Kwilu, et de Yakoma, dans le Nord-Ubangi, ainsi que la non tenue des élections dans les territoires de Kwamouth, dans la province de Maï-Ndombe, de Rutshuru et Masisi, dans la province du Nord-Kivu, la Chambre haute se trouve amputée de certains de ses membres. Il en est de même des Assemblées provinciales et des Exécutifs provinciaux desdites entités qui, jusqu’à ce jour, ne sont pas fonctionnelles et cela n’est pas sans conséquences dans la consolidation de notre jeune démocratie.
A cette fin, il a invité le gouvernement de la République à «mobiliser des recettes internes, à lutter contre l’incivisme fiscal, à stabiliser le taux de change du Franc congolais par rapport au dollar américain et à promouvoir les secteurs productifs».
Doter le Parlement d’un siège digne de ce nom
Il ne s’explique pas pourquoi le Parlement RD-congolais ne peut pas avoir un siège dû à sa dignité. «Il n’est pas normal que le Parlement n’ait pas son propre siège», a-t-il dit. Et d’ajouter: «le Palais du peuple que nous utilisons n’est qu’à titre provisoire». Étant donné que cette utilisation provisoire dure depuis 30 ans, Sama Lukonde estime qu’il est temps de doter le Parlement d’un siège digne de ce nom.


