
C’est l’imprimerie de la République. Celle qui fabrique les diplômes, les bulletins officiels, etc. Pourtant, le Service national des approvisionnements -SENAPI- et de l’Imprimerie tourne aujourd’hui au ralenti. Le Fonds de Promotion de l’Industrie -FPI- est venu prendre le pouls. La scène se joue ce mardi après-midi. Yusuf Bin Nsambi, directeur général du SENAPI, reçoit Blaise Mastaky Birindwa, DGA du FPI. Objectif: évaluer sur le terrain les capacités d’une entreprise publique jugée stratégique. Car le SENAPI, c’est le bras armé de l’État pour tout ce qui s’imprime: administrations, entreprises du portefeuille, écoles. Sans lui, la machine administrative tousse.
Sur le papier, l’outil est clé. Dans les ateliers, la réalité grince. La délégation du FPI tombe sur un service miné par des années de pillages. Les infrastructures ont morflé, les chaînes de production tournent en sous-régime, et les performances suivent la pente.
Un plan de relance existe pourtant. Le Gouvernement a signé avec la firme Djabbal Nour pour livrer de nouvelles machines d’imprimerie. Un premier lot est arrivé. Il dort dans les installations du SENAPI. Mais le compte n’y est pas. Plusieurs équipements manquent encore à l’appel. D’autres ne sont pas installés. D’autres, enfin, tournent en sous-exploitation. Résultat : la demande des administrations explose, l’offre, elle, cale.
Les experts du secteur ne mâchent pas leurs mots. Sans un renforcement rapide des capacités techniques, le SENAPI n’encaissera pas le choc. L’impression officielle, demain, risque de se faire ailleurs. Comprendre: à l’étranger. À la panne technique s’ajoute l’asphyxie financière. Le SENAPI emploie plus de 770 agents. Un potentiel humain énorme. Mais la trésorerie vacille. En cause : les retards de paiement des administrations clientes. L’État commande, l’État ne paie pas. L’imprimerie imprime, mais s’endette. Face au constat, le FPI sort le carnet. Pour Blaise Mastaky Birindwa, la mission est claire : identifier les besoins prioritaires du SENAPI pour déclencher un accompagnement ciblé. Traduction : du financement frais et une modernisation des équipements. Sans cela, la relance restera un slogan.
Car l’enjeu dépasse les rotatives. Entre défis structurels et urgence de réforme, le SENAPI est à la croisée des chemins. Le redresser, c’est muscler l’efficacité administrative de l’État. C’est aussi couper le cordon de la dépendance extérieure pour tout ce qui touche aux documents régaliens.
L’imprimerie de la République ne demande qu’à imprimer. Encore faut-il lui en donner les moyens.

