
Depuis le 30 avril 2026, le Département du Trésor américain a pris des sanctions contre Joseph Kabila. Toute sanction en ce sens est soit nuisible pour la personne si elle est prise injustement, soit pédagogique en ce qu’elle donne l’occasion de bien se comporter à l’avenir. Quel que soit le camp où l’on se trouve, ces sanctions américaines ne devraient pas nous réjouir. On aurait souhaité qu’il en soit autrement pour celui qui a été Commandant Suprême des FARDC et de la PNC et qui a dirigé notre pays pendant 18 ans. Malheureusement.
Joseph Kabila est tombé dans le «probabilisme» en se rendant à Goma. Le probabilisme repose sur deux opinions probables permettant de choisir ce qui satisfait l’individu au détriment de l’exigence de la vérité éthique. Or, pour quelqu’un qui avait des obligations morales et éthiques en tant que sénateur à vie, des devoirs vis-à-vis du pays qu’il a servi, aller à Goma était à la fois une violation flagrante de ses devoirs et une provocation pour nous tous. Et donc, cette présence créait un précédent, le conflit de devoirs.
Jouer au métier de «bouc émissaire» lui confié par Kigali revenait à faire le choix entre l’innocence et la culpabilité, entre le bonheur et la tragédie. Il a choisi le tragicomique. Sa présence a non seulement soulevé des questions mais aussi créé des doutes sur son comportement, sa mission et le rôle qu’il a joué aux fonctions les plus hautes du pays. Et donc, à la spéculation grandeur nature.
A Goma, Joseph Kabila a retrouvé le silence de la solitude et -les amis?. Il ne s’est pas consolé ni par les eaux du lac moins encore par les vacarmes d’une population qui ne comprenait pas cette présence. A qui la faute? On naît seul et on mourra seul!
De quoi l’accuse-t-on?
D’avoir trituré sa propre œuvre, son propre combat et d’avoir dévoré son humanité. Il s’est rendu là où on massacre ses compatriotes, dans les lieux où on respire le miasme. Oubliant que le monde de l’exil politique a ses règles et que les valeurs de chaque individu résident tant dans son passé que dans le présent. On ne trompe pas sa solitude par l’amitié des personnes qu’on a combattues, dans une région où la haine et l’hypocrisie font partie du règlement intérieur de la vie.
Joseph Kabila est allé vivre dans une ville grouillée de fantômes, des ossements humains, des pleurs et des douleurs enfouis. Une ville des cœurs brisés, des familles déchirées et disloquées. Pour être enfin présenté comme un héros «sans» cœur. Se faisant otage du destin, il tombe dans le piège de Paul Kagame. Ce sont les services de sécurité du Rwanda qui signalent à la presse étrangère le premier passage -inaperçu- de Joseph Kabila à Goma. Quand Kinshasa crie à la trahison, ses fanatiques exigent des preuves. Et en termes des preuves, Kigali qui tient à le noyer lui exige de se manifester pour couper court aux spéculations.
Héros affaibli à la manière d’un débiteur, il se montre malgré lui, à visage découvert. Le destin est imparable. C’est une fatalité qui s’abat sur lui à la manière de Sisyphe. Par cette démonstration inouïe et rocambolesque, il donne raison à la justice militaire congolaise qui l’a condamné à mort. Pour certains, Dieu soit loué! Pour d’autres, à Satan la louange.
Dans la posture christique
Maudite soit la personne qui se vanterait de connaître mieux Joseph Kabila. Son parcours digne d’un personnage insaisissable de littérature, est, toute proportion gardée, comparable à certaines vérités bibliques. Tenez!
En 1999, Joseph Kabila alors commandant des Forces armées congolaises/FT, échappe de à une prise d’otage par l’APR et l’UPDF au front Pweto. Il est sauvé de justesse par l’hélico d’Augustin Katumba, alors gouverneur du Katanga. En 2001, son père Laurent Kabila est assassiné avec la complicité du Rwanda.
En 2006, Laurent Nkunda refuse de reconnaître sa victoire à l’élection présidentielle et le combat.
En 2012, le M23 prend Goma et le soumet à des négociations ridicules allant jusqu’à la prise en charge financière du séjour à Kampala des rebelles par le gouvernement congolais.
En 2019, après avoir quitté le pouvoir, le voilà confier sa protection aux mêmes rebelles qui ont assassiné son père, qui occupent des pans entiers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et massacrent des milliers des compatriotes. Autant de violations de styles qu’on ne trouve que dans la Bible. Un exemple? Jésus sait que Pierre à qui il va confier son Église va pécher en le reniant. Il le laisse pécher. Est-ce que c’est Dieu qui a pris l’initiative de ne plus assister Pierre de la grâce ou c’est Pierre qui a volontairement refusé la grâce de Dieu? De la même manière, ce même Dieu nous recommande d’ «Aimer nos ennemis», «Tendez-leur l’autre joue s’ils vous giflent».
Joseph Kabila aurait-il appliqué à la lettre ladite recommandation en allant à Goma? On aura beau commenter sur l’inefficacité des sanctions américaines contre Joseph Kabila, je reste convaincu que Joseph Kabila est l’otage de Paul Kagame. Il est par le même fait, otage du destin, otage de la fatalité. On peut interroger l’Oracle.Guides citadins et locaux
Et aujourd’hui, s’il était question de choisir entre Kabila et Kagame, qui de deux devrait aller comme pensionnaire à la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes de guerre commis sur le sol congolais, les Occidentaux particulièrement les Américains choisiraient Joseph Kabila. Ils ont leur logique qui échappe à la nôtre. Comme avec Jean-Pierre Bemba. Comme avec Laurent Gbagbo. Qui dit mieux! Nous vous donnons la vraie information et nous en payons le prix. Soutenez-nous. Vos contributions financières sont très attendues. Dieu dicte, nous écrivons. Contacts utiles: +243 998 190 250/ +243 82 42 44 844
Tribune de Nicaise Kibel’Bel Oka
