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Roger Kamba sur Ebola: «On a des défis, mais la riposte avance»

Dans sa mise à jour de la riposte menée contre la maladie à virus Ebola, un mois après sa résurgence officiellement déclarée le 15 mai dernier dans la province de l’Ituri, le gouvernement s’emploie à faire le point de la situation au quotidien. Dans sa communication du lundi 15 juin, lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a fait des annonces actualisées, notamment en ce qui concerne les chiffres. Et de préciser qu’en dépit de l’augmentation exponentielle du nombre de personnes atteintes par cette maladie, celle-ci reste contenue dans trois provinces, à savoir: l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

À en croire le ministre Roger Kamba, il y a 808 cas confirmés, 192 décès et 363 malades hospitalisés. En termes de personnes guéries, leur nombre dépasse déjà la cinquantaine, tandis que le suivi se chiffre à 63%. Cependant, il est étonnant de constater que, malgré les efforts déployés par le gouvernement central pour contenir la maladie dans les trois provinces précitées, le nombre de zones de santé affectées ne cesse d’augmenter. Il est passé de 5 à 31, avec une prédominance des cas dans quatre zones seulement, dont Mongbwalu qui constitue le point le plus critique. Mieux encore, une zone de santé affiche à elle seule un nombre élevé de malades, avec 85% des cas. 

Des relais communautaires pour booster la sensibilisation

Tout en reconnaissant le déficit d’informations exactes comme facteur de contamination, le patron de la Santé publique a annoncé la mise en place d’un système de relais communautaires. L’objectif est de parcourir tous les villages, avec des moyens mis à leur disposition, pour apporter la bonne information. En somme, Ebola n’est pas une maladie inventée, encore moins un mal mystique ou imaginaire, mais une maladie réelle. Tel est le cœur de la sensibilisation, consistant non seulement à édifier les villageois sur le danger de cette maladie et les mesures de prévention -éviter tout contact avec une personne contaminée, se laver régulièrement les mains avec du savon, ne pas manipuler un corps d’une personne décédée d’Ebola ni ses effets- mais également à renforcer leur confiance envers le personnel soignant.

Pour y parvenir, le gouvernement a mis à contribution les leaders communautaires, à savoir: les chefs coutumiers, les tradipraticiens, les élus locaux ou nationaux, ainsi que tout autre leader d’opinion. Dans cette riposte à grande échelle, tout le monde est impliqué, y compris les «Wewa». Il a également indiqué que sur les 1 200 personnes recrutées et formées localement, 1 000 sont déjà à pied d’œuvre dans cette caravane de sensibilisation communautaire. Selon lui, leur nombre devrait sensiblement augmenter la semaine prochaine.

Muyaya: «Nous sommes ouverts à toutes les critiques»

Concernant cette riposte, le ministre de la Communication et des Médias a tiré la sonnette d’alarme contre ceux qui, sur les réseaux sociaux, diffusent des contrevérités sur cette maladie. Le but est de semer la psychose dans l’opinion -par exemple ceux qui affirment que le virus Ebola Bundibugyo serait déjà à Kinshasa- ou de faire douter la population de l’existence même du virus. «Quant aux critiques, nous sommes ouverts à toutes les critiques pour nous permettre d’améliorer notre stratégie», a déclaré l’homme du nouveau narratif.

Concernant les rumeurs de fermeture des frontières pour raison d’Ebola, il a été précisé qu’il n’en est pas question. Selon Roger Kamba, cela ne relève pas de la Santé publique et serait contraire aux normes internationales en vigueur. Une telle mesure pousserait les populations à emprunter des voies détournées, ce qui compliquerait davantage le système de contrôle mis en place.

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