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Prise de parole de Kabila: la réponse chiffrée de Fwamba au Sénateur à vie

Dans une longue publication vendredi sur X, le ministre des Finances a répliqué au président honoraire en ramenant le débat sur le terrain économique, entre soutenabilité de la dette et indicateurs macroéconomiques. Le gouvernement a choisi le terrain des chiffres. C’est l’argentier national qui s’est chargé de répondre à la charge de Joseph Kabila contre le bilan économique de Félix Tshisekedi. Sur X, le ministre des Finances a publié une longue mise au point, chiffres à l’appui, pour défendre la gestion de l’actuel Exécutif et dénoncer ce qu’il qualifie de «mauvaise foi politique» de l’ancien président.

Premier point de friction: la dette. Joseph Kabila avait présenté l’endettement actuel comme un fardeau. Faux, répond Fwamba. «Assainir la dette publique est une chose; utiliser celle-ci comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du Gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité comme nous le faisons depuis 2019, résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique», écrit-il.

L’argument est simple: « Alors que les pays de l’Afrique subsaharienne affichent en moyenne un niveau d’endettement de 60% par rapport à leur PIB, insinuer qu’un endettement de moins de 20% du PIB comme c’est le cas de la RDC, de nos jours, serait un fardeau, résulte soit de la mauvaise foi politique, de la méconnaissance des fondamentaux en matière de gestion économique et financière ou encore d’une absence de vision stratégique en matière du financement de développement». Puis le ton se durcit. S’attaquant à «Monsieur le Sénateur à vie», surnom de Kabila, le ministre estime que «quant au fameux héritage économique du passé, on croirait que Monsieur le Sénateur à vie, est tombé à la fois dans un déni et une dénégation psychologique». «On croirait entendre un ange du ciel qui parle de satan. Ironie du sort», lâche-t-il. Pour étayer son propos, Doudou Fwamba sort les calculettes et oppose deux époques.

En 2019, à la fin des dix-huit ans de règne de Kabila: «un PIB nominal d’environ 50 milliards USD, 1,3 milliard USD de réserves de change à la BCC, un budget de 4 milliards USD, un déficit du compte courant de la balance commerciale de -3,2% du PIB, aucun accès aux marchés des capitaux internationaux et aucun programme avec le Fonds monétaire international suite à la mauvaise gouvernance et l’absence de transparence».

En 2026, sous Tshisekedi: «un PIB nominal de 120 milliards USD, 8 milliards USD de réserves de change, un budget de 18 milliards USD, un déficit du compte courant réduit à -1,3% du PIB en 2024, un accès aux marchés financiers internationaux et trois programmes formels avec le Fonds monétaire international». «Entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison possible. C’est la nuit et le jour, comme diraient les communs de mortels», tranche le ministre. Il rappelle que la RDC avait été privée de programme FMI sous Kabila «par manque de transparence et pour avoir refusé de publier des contrats léonins signés avec nos sociétés d’État du secteur minier». Même démonstration sur le plan social: «Comparer la RDC de 2019, sans gratuité de l’enseignement primaire, sans gratuité de la maternité, sans aucun système d’assurance de santé pour les Professeurs des Universités et les Magistrats, sans aucune université moderne construite durant dix-huit ans […] à celle de 2026, est la preuve d’une mauvaise foi criante».

Il conclut par un appel au dialogue lancé par Tshisekedi: «Et même ceux qui portent les armes, déposez celles-ci, revenez à la raison, et engagez-vous sur le chemin de la paix». Une manière pour Kinshasa de dire que la bataille du récit se joue désormais aussi sur le terrain des chiffres.

YA KAKESA

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