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RDC: Serge Etinkum veut une Constitution intégrant les droits à la prospérité et à la dignité des jeunes

Après le lancement officiel de la campagne «La jeunesse parle Constitution» au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, son initiateur, Serge Etinkum Anza, continue de multiplier les interventions médiatiques et les rencontres de sensibilisation afin de mobiliser la jeunesse congolaise autour du débat constitutionnel. Dimanche 24 mai, l’acteur politique était l’invité du plateau de «Télé 50», où il a réaffirmé sa volonté de voir la Constitution RD-congolaise révisée pour y intégrer explicitement des droits fondamentaux en faveur des jeunes, notamment le droit à la prospérité et le droit à la dignité. Face aux téléspectateurs, Serge Etinkum Anza a défendu l’idée d’une réforme constitutionnelle capable de répondre aux réalités sociales actuelles d’une population majoritairement jeune.

Selon lui, vingt ans après l’adoption de la Constitution de 2006, le moment est venu d’en corriger les insuffisances ou d’envisager l’écriture d’une nouvelle loi fondamentale plus adaptée aux aspirations de la jeunesse du pays. «La jeunesse RD-congolaise doit prendre toute sa place dans ce débat. Nous voulons que les jeunes aient des droits clairement consacrés dans la Constitution, afin que l’État soit obligé de mettre en place des mécanismes concrets pour les garantir», a-t-il déclaré. L’initiateur de cette campagne estime que la Constitution actuelle reste insuffisante sur la question de la jeunesse. Il rappelle que seuls deux articles évoquent cette catégorie sociale, principalement sous l’angle de la protection, sans véritable reconnaissance de droits socio-économiques structurants.

Pour Serge Etinkum Anza, cette situation crée un profond paradoxe dans un pays aux immenses ressources naturelles, mais où une grande partie des jeunes vit dans la précarité. Il plaide ainsi pour l’inscription de nouveaux droits constitutionnels permettant notamment de renforcer l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la formation et à des mécanismes de soutien social. S’inspirant de certaines expériences africaines et occidentales, il évoque notamment le modèle kényan, dont la Constitution de 2010 prévoit des mesures spécifiques en faveur de la jeunesse. Il estime également que la RD-Congo devrait réfléchir à des politiques publiques ambitieuses, incluant par exemple un revenu minimum pour les jeunes.

Au-delà du plaidoyer institutionnel, la campagne «La jeunesse parle Constitution» vise à transformer le débat constitutionnel en un mouvement citoyen national porté par les étudiants et les jeunes de toutes les provinces. Il a d’ailleurs entamé une tournée de mobilisation dans plusieurs villes du pays. Le lancement officiel de cette initiative, organisé le 15 mai dernier au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale à Kinshasa, avait réuni étudiants, universitaires, acteurs politiques et représentants de la jeunesse autour d’échanges consacrés à l’avenir institutionnel du pays. Structurée autour de panels scientifiques et de discussions citoyennes, cette rencontre avait notamment bénéficié des interventions des Professeurs Placide Kabaka et Charles Odiko, chargés d’apporter un éclairage juridique et sociologique sur les enjeux liés à une éventuelle révision constitutionnelle. À travers cette campagne placée sous le slogan «Notre Constitution, Notre Voix, Notre Avenir», Serge Etinkum Anza entend désormais amplifier les consultations citoyennes, recueillir les propositions des jeunes via des forums universitaires et des plateformes numériques, avant la publication d’un Livre blanc destiné aux institutions nationales.

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