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RDC : Personnel en hausse au Cabinet du Président

La présidence de la République, entre janvier et février, a, selon les révélations de l’ODEP, dépensé USD 29,2 millions, soit un dépassement de 113%

Coup de tonnerre en provenance de l’Observatoire de la dépense publique -ODEP- qui dénonce le dépassement budgétaire de la présidence de la République, causé notamment par la hausse du personnel au sein du Cabinet du Président de la République. 1081. C’est le nombre d’agents en excès à la présidence qui sont pris en charge par le Trésor public. «Au niveau de la présidence de la République, il y a augmentation à 1.081 du personnel en charge du Trésor public», a rapporté ODEP dans son communiqué de presse du 1er avril, révélant en outre qu’«entre janvier et février, elle -la présidence- a dépensé 29,2 millions USD», soit un «dépassement de 113%».

Au-delà de dépasser ses assignations budgétaires, l’équipe de Félix Tshisekedi est retombée dans la même situation déplorée sous Vital Kamerhe, alors Directeur de cabinet, dans le cadre du Projet 100 jours. C’est ce qu’a renseigné le communiqué de presse de l’ODEP, évoquant: «la situation de surseoir l’exécution des finances publiques nous renvoie à celle de 2019 avec Vital Kamerhe.

Aujourd’hui, les actes sont posés avec autorisation du Directeur de cabinet du Président de la République en violation de la loi relative aux finances publiques, qui ne le reconnait pas comme acteur du circuit de la dépense publique». Et l’ODEP de fustiger: «tantôt, c’est lui ou l’Inspection générale des finances qui donne son avis avant tout paiement. Quel est alors le rôle des contrôleurs budgétaires? On ne comprend pas et c’est l’anarchie qui est entretenue».

Poursuivant dans l’établissement des similitudes entre l’ère Kamerhe et Nyembo, l’ODEP a fait noter que comme avec le programme «100 jours», le Président Félix Tshisekedi a initié le Projet «Tshilejelu», lancé «en grande pompe» et consistant à la «réhabilitation de plus de 100km des routes à Kinshasa et dans l’espace Kasaï». Le lancement de ce projet a suscité moult interrogations dans le chef de l’ODEP, entre autres «Qui a autorisé ce programme?», «Il est inscrit dans quelle loi de finances?», «Est-ce qu’il revient au Président de la République de le faire?».

Autant d’interrogations qui interpellent tant il est reconnu que «la loi relative aux finances exige que tout programme hors cadre budgétaire ait l’autorisation préalable du Parlement et ce dans le cadre d’un collectif budgétaire, avant son exécution». Et l’ODEP de préciser: «c’est le Premier ministre qui doit le présenter devant les élus». Des observations qui puent la violation des lois de la République, au-delà de révéler que «nous sommes en face d’un programme extrabudgétaire». Par ailleurs, l’ODEP, au travers de son communiqué de presse, a informé du déficit mensuel d’USD 14 millions enregistré depuis janvier.

Pendant ce temps, «l’Etat mobilise à peine 530.6 milliards de CDF -256 millions USD- et avec des dépenses d’environ 560.1 milliards CDF -270 millions USD- par mois sur une trajectoire prévisionnelle de 546 millions USD». De l’avis de l’ODEP, cette situation est consécutive au fait que «les ministres censés mettre en œuvre les mesures d’encadrement des recettes sont démissionnaires. Il n’y a aucun suivi. Les régies financières et les services d’assiettes travaillent comme des électrons libres». Un tableau tellement sombre que «la RD-Congo ne peut pas prétendre mobiliser plus de 3,5 milliards USD cette année».

L’ODEP n’a pas caché sa désolation en constatant que «2,5 milliards USD de recettes seront utilisés pour les rémunérations comme en 2020». La conséquence, a-t-il affirmé, est le recours aux réserves de change pour payer certains besoins. «L’opération des bons de trésor, censée couvrir le déficit budgétaire, n’apporte plus grand chose, faute des soumissionnaires», a-t-il soutenu, faisant allusion à un «contexte politique délétère».

Consécutivement à ce contexte, la RD-Congo, depuis janvier, a effectué des dépenses portant sur les rémunérations et le fonctionnement. Pour illustrer cela, l’ODEP a soulevé le «paiement pour rien» assurer aux «deux Premiers ministres». Rien que pour les mois de janvier et février, 4,5 millions USD ont déjà été dépensés pour les deux personnalités. «Si on y ajoute le mois de mars, nous pourrions atteindre 7 millions USD», a signifié l’ODEP.

LOI

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