
Sous la férule du ministre en charge de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, l’ONG Journalistes en danger -JED- et l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC- ont organisé, lundi 10 mars à l’hôtel Béatrice, dans la commune de la Gombe, un forum national sur l’engagement des médias pour la paix, la sécurité et la cohésion nationale. Puisqu’il faut le dire, cette initiative fait suite à la guerre d’agression imposée à la RD-Congo par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC, dans sa partie Est depuis trois décennies. Pour le ministre Muyaya, c’est une réponse à la mobilisation qui a été décrétée par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
«Avant d’être professionnels des médias, vous êtes d’abord des RD-Congolais et cette guerre est faite aux RD-Congolais», a rappelé le ministre Muyaya à l’assistance. Dans son allocution, il a salué l’engagement des professionnels de médias qui se sont déjà mobilisés dès les premières heures de cette agression pour être sûrs que des compatriotes ont la bonne information.
«Je profite de ces instants pour exprimer notre solidarité aux journalistes bloqués dans les zones de conflits et les villes sous occupation. Ces derniers ne peuvent plus exercer leur métier, car contraints à certaines intimidations et arrestations», s’est exprimé le ministre de la Communication et Médias. Ce forum était pour lui le lieu et le moment de rassurer l’assistance de l’engagement du gouvernement à rétablir la paix, la stabilité et à protéger les droits fondamentaux du peuple.
Les rôles des médias pour un retour durable à la paix
Intervenant à son tour, Tshivis Tshivuadi, président de l’ONG JED, a rappelé les conséquences enregistrées à la suite de cette agression. «Cette rencontre intervient à un moment où nos confrères sont contraints à l’errance, au silence. Alors quel rôle devons-nous jouer?», s’est-il interrogé. Parmi les objectifs visés par ces assises, Tshivis Tshivuadi a rappelé que les médias ont un rôle particulier à jouer en cette période pour un retour durable à la paix.
Il s’agit de l’interpellation, la sensibilisation et la mise en confiance. La mobilisation des hommes et des femmes de médias. Les médias ont le pouvoir d’informer l’opinion et le pouvoir de maintenir le calme et le contraire aussi. Ces médias ont le pouvoir de relayer des négociations entamées par les parties en conflit.
«Ce sont les discours que vous ferez passer dans les colonnes de vos journaux; ce sont les débats que vous susciterez à travers vos ondes, qui permettront aux efforts de paix engagés à ces différents niveaux de se compléter, de se renforcer mutuellement et ainsi de gagner en efficacité durable», a-t-il indiqué.
Pour sa part, le président national de l’UNPC, Kamanda wa Kamanda Muzembe, a aussi exprimé sa solidarité à l’endroit des confrères de l’Est sans oublier les promoteurs des médias en grave difficulté. Un autre défi en cette période: le devoir d’objectivité et d’équité dans le traitement et la diffusion de l’information pour garantir le droit du public à l’information dont le journaliste est le garant. Par ailleurs, il y a aussi le devoir de responsabilité du journaliste en cette période de guerre où il est tiraillé entre son propre besoin de survie et celui de son équilibre professionnel.
«Dans ce contexte de guerre, le devoir du citoyen journaliste prime désormais autant que la nécessité de l’encadrement par des interpellations éthiques. Ce forum tombe à point nommé avec le thème: ‘’Les médias pour la paix, sécurité dans le contexte d’agression de l’Est de la République démocratique du Congo’’», a-t-il déclaré. Comme pour inviter chaque professionnel de médias à privilégier l’intérêt national au détriment de ses intérêts partisans.

