ActualitésCulture

Avec Love Residence, Gally Garvey signe peut-être le show de l’année à Kinshasa

Son et lumière étaient au rendez-vous du Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale à Kinshasa, le samedi 22 novembre. Figure montante de la musique RD-congolaise, Gally Garvey, né Kabata, y a donné un concert à couper le souffle. Dès la fin d’après-midi, un public compact, majoritairement des jeunes, affluait vers ce lieu qui prend les allures du nouveau temple de la culture dans la ville. À 18 heures, la salle affiche complet, plus aucune place. Malgré cela, des téméraires ont pu passer entre les mailles du filet de la sécurité pour s’offrir une vue rêvée de la scène depuis les allées ou même derrière la scène. Personne ne voulait manquer ce qu’allait proposer Gally.

Entre 18 et 20 heures, l’attente semble interminable et l’ambiance à son comble. En attendant la star du jour, le public entreprend de lancer le concert. Les chansons de Gally, devenues des tubes dans les milieux de jeunes, sont entonnées en chœur par des mélomanes qui maîtrisaient les paroles autant que l’auteur-compositeur. «Gally tolingi tolela -NDLR: Gally, nous voulons pleurer», lance une partie du public peu après 19 heures 30’ alors que Benji 4, maître de cérémonie de circonstance s’apprêtait à lever les rideaux. Cet appel aux larmes est l’essence même de ce que propose l’artiste, une musique mélancolique qui touche les cœurs. Une propension à l’amour qui a valu à Gally le surnom de «Bae national».

À 20 heures précises, les rideaux sont finalement levés. La scène est digne de grands shows. Une orchestration complète et des lumières impeccables ont donné au centre culturel un aspect unique. «C’est la troisième fois que j’assiste à une activité culturelle ici mais ni Benji, ni Faveur Mukoko n’avaient proposé un tel spectacle», lance un mélomane assis aux premières loges, à quelques sièges de Zacharie Bababaswe. Mais, malgré ce spectacle d’introduction, le public reste sur sa faim. Tout le monde est là mais pas Gally. Quelques minutes plus tard, un élévateur est finalement actionné, transportant Gally depuis le «downstage». Immense, Gally réussit déjà son coup d’entrée à la Werrason. Quand il entonne «Nazali» comme pour annoncer sa présence sur scène, le public lui réserve une surprise agréable. Au moins 2.000 autres Gally lui contestent le lead de la chanson au point de dire plutôt «Tozali» ou mieux Gally, «Tu me manques»!

Entre l’artiste et son public, la complicité est totale. Comme un symbole, Gally passe l’ensemble du concert à se disputer le leadership avec un public passionné qui reprenait en chœur toutes les chansons, au point d’obliger le «bae national» à inverser le rôle. Maître du concert, il se retrouve à un moment spectateur dans son propre show, les yeux pleins d’étoiles comme pour admirer un travail, certes pas encore accompli, mais sur le bon chemin. A ce public qu’il porte dans son «Motema», Gally a dit un grand «Je t’aime».

Le côté showman de Gally dévoilé au public

Désormais, Gally n’est plus «Tout seul». Un des moments forts du spectacle aura été justement l’interprétation de cette chanson que Gally décrit lui-même comme la collaboration la plus aboutie de ces 5-10 dernières années dans la musique RD-congolaise. Pour l’occasion, Héritier Watanabe était bien là pour tenir sa partie dans ce feat, au grand bonheur du public.

D’autres artistes comme Innos’B, Gaz Mawete, Sister Becky ou encore Ney Tshim’s -petite sœur de Rebo Tchulo- sont également venus sur scène pour vivre ce moment de gloire avec un artiste réputé non conflictuel et respectueux envers tous. A ceux-là qui se posaient la question «Est-ce bakozala?» La réponse est «Iyo»! Loin de toute polémique, Gally a même eu le temps de recadrer son public quand, sous le coup de l’émotion, des chants ont fusé estimant que «bae national» est bien meilleur que Ferre Gola. «Nous n’avons pas besoin de ça, nous n’avons pas besoin de telles polémiques. On doit du respect aux aînés, Ferré Gola, Fally Ipupa, Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomide et tous les autres», a-t-il recadré.

Connu pour être un chantre de l’amour, Gally a également profité de cette scène pour faire découvrir une autre facette de l’artiste complet qu’il est avec des moments d’animation dignes de l’épopée Wenge, assortie d’une chorégraphie exécutée par un groupe de danseurs éprouvés et une orchestration aboutie dans laquelle on pouvait reconnaitre l’empreinte de Mardochée Mungolo, chef d’orchestre. «J’ai passé un merveilleux week-end. Bravo à Gally», s’est exclamé Lynn Mazianda, la voix cassée après avoir entonné chaque chanson du début à la fin.

Dans une ville de Kinshasa où les spectacles de musique deviennent de plus en plus rares, Gally a certainement frappé un grand coup. Pour plusieurs mélomanes rencontrés au perron du centre culturel, Gally a offert à Kinshasa le concert de l’année 2025. Un avis partagé par plusieurs internautes également alors que «Bae national» semble s’installer définitivement sur la table des grands de la musique RD-congolaise actuellement.

Love MINDULE

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page