
La salle de conférence de l’Institut national des arts -INA- a servi de cadre, du 8 au 10 mai 2025, à la tenue des travaux de la 2ème édition des Rencontres congolaises de recherches sur le journalisme. Placée sous le thème: «Le journalisme face à l’intelligence artificielle: entre méfiance et révérence», cette rencontre scientifique a connu la participation de plusieurs personnalités du monde aussi bien communicationnel, culturel que scientifique.
Lors de sa prise de parole, samedi 10 mai, en vue de procéder au lancement desdits travaux, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, en tant qu’habitué, de ce colloque scientifique sur l’avenir du journalisme, en a planté le décor. Il était précédé du Directeur général de l’INA, Félicien Tshimungu Kandolo; du président du Larsicom, le Professeur Pierre Nsana; du directeur de marketing et de communication de First Bank RDC, Melshor Essomassor, et du délégué général du Centre Wallonie-Bruxelles en RD-Congo, David Thonot. Auparavant, le Docteur Félicien Tshimungu a, dans son mot introductif, salué le choix de son institution d’enseignement supérieur par le Larsicom pour abriter cette deuxième édition des Rencontres congolaises de recherches sur le journalisme.
«Nous sommes particulièrement fiers d’accueillir cet événement dans nos nouvelles installations modernes, inaugurées en décembre 2024», a-t-il dit, poursuivant que «ces infrastructures sont le fruit de l’engagement indéfectible du Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de l’Enseignement artistique et culturel en République démocratique du Congo». Selon le DG de l’INA, ces infrastructures «incarnent la vision du Président de la République pour un système éducatif rénové, inclusif et tourné vers l’avenir».
Et l’orateur de poursuivre que l’INA, en tant que sanctuaire de savoir et de créativité, accorde une attention particulière à ces réflexions. «Nous envisageons de les intégrer dans nos programmes de formation et de recherche, afin de développer une approche innovante de création et de diffusion. A cet effet, nous projetons la création d’une filière en communication culturelle qui permettra de former des professionnels capables de naviguer avec compétence dans cet environnement technologique en constante évolution», a-t-il indiqué.
À son tour, le Professeur Pierre Nsana, président de ce laboratoire en Sciences de l’information et de la communication, a eu les mots qu’il faut pour remercier le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et tous les autres partenaires. «Cette ambition est jeune, mais elle avance. Et si ce colloque existe aujourd’hui, c’est parce que vous êtes là, avec nous, à y croire, à la construire. Alors oui, que ce colloque soit une fête du savoir. Mais une fête exigeante, où l’on pense, où l’on interroge, où l’on écoute… et où l’on rit aussi, parfois, même au cœur des complexités de l’intelligence artificielle. Très bon colloque à toutes et à tous, et merci infiniment pour votre présence et votre confiance», a déclaré le président de Larsicom.
Prenant la parole à son tour, le parrain de cette deuxième édition, le ministre Patrick Muyaya a encouragé l’organisateur et ses partenaires pour la tenue de ce colloque qui tient à apporter des réponses concrètes sur le danger que court le journalisme avec la montée et l’utilisation en puissance de l’intelligence artificielle. Il a insisté sur l’engagement des scientifiques à sensibiliser les RD-Congolais sur la place de cette technologie dans le devenir positif de la société RD-congolaise.
«Parce qu’il y a un point important qui a été dit tout à l’heure par Monsieur Karim d’Internews, l’intelligence artificielle, ce sont des contenus, ce sont des gens qui les mettent en fonction de leurs attentes et de leurs connaissances. Vous, vous venez puiser dans ce que les autres ont mis, mais je pense qu’il y a une part d’émotion, une part de recul et une part de contextualisation qui requiert qu’en tout, des données puisées grâce à l’intelligence artificielle. Si ces données doivent être bien vendues ou rendues au public, il faut bien qu’il y ait une part de main des journalistes. Nous sommes donc appelés ici et maintenant à penser ensemble à cet avenir. L’avenir non seulement du journalisme, mais des métiers qui y sont rattachés», a insisté le ministre Patrick Muyaya devant l’auditoire et d’autres milliers de RD-Congolais qui suivaient cet événement.
Ayant vécu l’avènement du journalisme tant en RD-Congo qu’à travers le monde et depuis près de trois ans de l’intelligence artificielle, le ministre de la Communication et Médias s’est exprimé en ces termes: «Dans ces paysages en recomposition, la recherche sur le journalisme joue un rôle crucial. Elle permet de documenter les mutations, de comprendre les logiques à l’œuvre, de révéler les zones d’ombre et d’accompagner les transformations. Elle est une boussole précieuse tant pour les professionnels que pour les décideurs publics. C’est pourquoi, au niveau du ministère de la Communication et Médias, nous nous sommes engagés à soutenir les initiatives de recherche rigoureuse. Je disais, critiques et ancrées dans les réalités nationales. Le Larsicom, donc, à ce propos, est un laboratoire actif et visionnaire. Il mérite, de ce point de vue, tout notre accompagnement. Je me réjouis également de voir que cette rencontre offre une place aux jeunes chercheurs».
Et de poursuivre: «je disais tout à l’heure, avant qu’on arrive dans la salle, qu’aujourd’hui, l’intelligence artificielle, et comme tout ce qui s’offre à nous, doit être utilisée pour la défense de la cause nationale. Et justement, dans cet ordre, nous, dans le cadre du front médiatique, nous avons vu les dégâts de l’intelligence artificielle lorsqu’elle est utilisée pour des objectifs malveillants. Je ne voudrais pas donner les exemples de ce que nous avons combattu durant cette guerre. Nous avons fait d’énormes progrès, parce que nous avons voulu non pas être impressionnés par la capacité des ennemis à recourir aux logiciels malveillants, mais par notre capacité à tous de nous assurer que partout et à tout moment, nous sommes capables de dire la vérité telle qu’elle se présente». Ainsi qu’on peut bien l’observer, Muyaya fait ici allusion aux fake-news et à la désinformation qu’il a toujours décriés comme étant «le poison rwandais». Et à ce titre, il n’a jamais cessé de prévenir les professionnels des médias contre l’ennemi, surtout dans leur traitement des informations liées à la situation à l’Est de la RD-Congo.
