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RDC: Mutamba à la barre ce lundi

L’ancien ministre d’Etat en charge de la Justice, Constant Mutamba, est attendu ce lundi 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation à Kinshasa/Gombe. Cité à comparaître dans l’affaire de détournement présumé des fonds du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes -FRIVAO-, il a confirmé sa présence malgré son hospitalisation. Avant même l’ouverture des débats, Constant Mutamba a dégainé. Dans une lettre manuscrite rendue publique le samedi 4 juillet dernier et largement diffusée, le jeune homme, comme l’appellent ses partisans, s’est adressé directement au peuple RD-congolais et aux peuples d’Afrique. Le ton est ferme. L’opposant républicain a qualifié cette convocation de «troisième procès politique».

Il estime que les poursuites engagées contre lui devant la Cour d’appel n’ont pas prospéré faute d’éléments probants. Selon lui, les manœuvres politiques seraient allées jusqu’à la dissolution de son parti politique, la Nouvelle génération pour l’émergence du Congo -NOGEC. «Je suis étranger aux faits qui me sont reprochés dans le dossier FRIVAO», a-t-il martelé dans sa missive. L’ex-garde des sceaux voit dans cette nouvelle citation une tentative de neutralisation politique à l’approche des prochaines échéances.

De l’hôpital à la barre

Autre élément qui marque les esprits: l’état de santé de Constant Mutamba. Dans sa lettre, il affirme être alité depuis plusieurs mois dans un hôpital de Kinshasa. Un état précaire, dit-il. Malgré cela, il a annoncé qu’il répondra présent le 13 juillet prochain. «Je quitterai mon lit pour venir affronter directement les accusations», a-t-il écrit. Une annonce qui donne une charge symbolique forte à cette comparution. Pour ses proches, c’est la preuve de sa détermination. Pour ses détracteurs, c’est un coup de communication.

Âgé de 37 ans, Constant Mutamba ne s’arrête pas à sa simple présence. Il a demandé que l’audience soit retransmise en direct sur la Radiotélévision nationale congolaise -RTNC- et que d’autres chaînes ouvrent leurs antennes le jour de l’audience. L’objectif, selon lui, est de permettre aux RD-Congolais de suivre sans filtre l’intégralité des débats, de voir les pièces, d’entendre les plaidoiries et d’apprécier eux-mêmes les faits. Une exigence de transparence qui intervient alors que la gestion du FRIVAO est pointée du doigt par la Société civile et certaines associations de victimes.

FRIVAO, un fonds sous haute surveillance

Rappelons que le FRIVAO a été mis en place après la condamnation de l’Ouganda par la Cour internationale de justice -CIJ. Des millions de dollars ont été alloués par le gouvernement RD-congolais et des partenaires pour indemniser les victimes des exactions commises en Ituri. Pourtant, les critiques n’ont jamais cessé: retards dans les paiements, listes de bénéficiaires contestées, soupçons de surfacturation. Autrement dit, le FRIVAO traîne une réputation controversée. C’est sur cette gestion que la Cour de cassation devra se pencher ce lundi 13 juillet 2026.

Les juges auront à déterminer les responsabilités et, le cas échéant, à prononcer les sanctions appropriées. Au-delà du cas Mutamba, cette audience constitue un test important pour la justice RD-congolaise. Elle devra démontrer son indépendance dans un dossier mêlant politique, finances publiques et justice transitionnelle. Pour l’ancien ministre, ce procès sera un affrontement entre les exigences de transparence et les accusations de politisation de la justice. Le jeune responsable politique promet une défense pied à pied. Il dénonce déjà une procédure orientée, tout en affirmant qu’il fera face. Notons que la justice l’a déjà condamné à cinq ans de travaux forcés pour détournement présumé de 19 millions de dollars dans cette même affaire. Cette condamnation n’a pas entamé sa contestation. Il continue de dénoncer un procès politique et affirme qu’aucun détournement ne lui est imputable.

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