
Comme promis, c’est le jeudi 19 février, à la salle Naomie de l’Hôtel Béatrice de Kinshasa, que l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC- a procédé au lancement officiel de la nouvelle carte d’identité professionnelle du journaliste RD-congolais. Cette cérémonie officielle a été rehaussée par la présence du Directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias, Nicolas Lianza, représentant le ministre titulaire et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, empêché.
Pour mémoire, la délivrance de la carte de presse professionnelle avait été suspendue sur décision des États généraux de la Communication et des Médias, tenus le 3 janvier 2022 au Centre catholique Nganda, à Kinshasa. Prenant la parole bien avant, le président de la commission en charge de la carte, Charles Dimandja Wembi, a présenté de manière détaillée les composantes et les éléments de sécurité de ladite carte, remettant du coup le spécimen au président national de l’UNPC, Kamanda wa Kamanda Muzembe.
«Tous les journalistes porteurs de la nouvelle carte d’identité professionnelle du journaliste RD-congolais seront repris dans un annuaire qui sera actualisé fréquemment afin de permettre à l’opinion publique d’avoir une information fiable sur le nombre de journalistes RD-congolais», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter: «cette carte est fixée sur un PVC rigide et plastifié. Le format est celui d’une carte de visite. L’impression est en recto verso, en haute définition. En ce qui concerne les dispositifs de sécurité contenus dans cette carte, vous trouverez des dispositifs optiques, un filigrane intégré lors de la fabrication du PVC, un hologramme sécurisé personnalisé UNPC, imprimé à l’encre de sécurité anti-scan et anti-photocopie. Il y a aussi de petits motifs micro-imprimés et des dispositifs numériques. Vous avez un QR code associé à une base de données de l’UNPC, un code-barres individuel identifié numériquement pour le requérant, ainsi qu’un numéro de série unique. Cette carte en PVC est résistante à la chaleur jusqu’à 80°C, à l’humidité, aux rayons UV et aux rayures. Les éléments variables sécurisés figurant sur la carte sont la photo du journaliste, son nom et son prénom, sa fonction, la signature autorisée de l’UNPC, notamment celle du président de la corporation pour conférer à cette carte une légitimité indiscutable, ainsi que la signature du président de la commission pour certifier la légitimité technique, ce qui signifie que la carte a été validée au niveau de la commission. Enfin, parmi d’autres éléments, figurent le cachet numérique et le cachet holographique».
Puis: «Désormais, c’est cette carte qui sera valable pour confirmer l’identité professionnelle de son porteur. Ce sont ces documents -non seulement la carte que je vais remettre au président de la corporation, mais également les coupons destinés aux journalistes véhiculés afin de leur permettre de circuler librement pour exercer leur métier. À ce sujet, nous entrerons en contact avec les autorités compétentes pour expliquer la philosophie de la nouvelle carte de presse et également avec les patrons d’entreprise pour préciser que, désormais, quiconque se présente comme journaliste professionnel doit exercer avec cette nouvelle carte».
Dans sa prise de parole, le Directeur de cabinet, Nicolas Lianza, a rappelé que cette nouvelle donne professionnelle et légale est consignée dans l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en RD-Congo, notamment en son article 3, alinéa 1, ainsi qu’aux articles 8 et 11.
«Je salue la concrétisation de l’engagement pris lors du dixième Congrès ordinaire de l’UNPC, “ce Congrès de la Renaissance”. La relance, ce jour, de la carte d’identité professionnelle marque une étape structurante, celle de la consécration d’une autorégulation désormais harmonisée par des textes clairs, portée par une équipe renouvelée et adossée à un dispositif sécurisé et transparent. Cet acte s’inscrit dans la mise en œuvre des réformes engagées depuis les États généraux de janvier 2022, dont nous avons collectivement la responsabilité d’assurer l’aboutissement», a-t-il indiqué.
S’agissant de la qualité et de la responsabilité professionnelles, le représentant du ministre Patrick Muyaya Katembwe s’est exprimé en ces termes: «En effet, au sens de l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023, dite “Loi Muyaya”, la carte d’identité professionnelle confère officiellement à son titulaire la qualité de professionnel des médias. Mais au-delà de cette reconnaissance juridique, elle constitue un engagement. Elle rappelle que l’exercice du journalisme suppose d’assumer pleinement la responsabilité de ses actes. Être journaliste en RD-Congo aujourd’hui, dans un contexte marqué par la guerre informationnelle orchestrée par le Rwanda, exige une conscience aiguë de sa mission et de sa responsabilité. La responsabilité professionnelle impose le respect strict de l’éthique et de la déontologie, le refus de la désinformation et des discours de haine, ainsi qu’un engagement résolu en faveur de la cohésion nationale et de la consolidation du processus de paix. La carte n’est pas un privilège. Elle est un engagement».
Selon le président de cette autorité d’autorégulation, Kamanda wa Kamanda Muzembe, cette carte est un instrument de crédibilité et de reconnaissance du travail du journaliste RD-congolais. Elle ne sera délivrée qu’aux RD-Congolais qui se conformeront aux critères mis en place par la commission spécialisée. Elle contribue ainsi, de manière efficace et permanente, à la salubrité médiatique initiée par le ministre Patrick Muyaya en RD-Congo. Voilà qui porte à croire que, pour cette fois, les moutons noirs n’auront aucune chance de passer inaperçus.
