
Le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Modernisation de l’Administration et Innovation des services publics, Jean-Pierre Lihau, est déterminé à faire du fonctionnaire RD-congolais un véritable pivot de la société. Cela passe par une thérapie de choc dont il a lui-même annoncé les grandes lignes à l’occasion du briefing spécial qu’ils ont co-animé, lundi 28 octobre avec son collègue de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
Cette thérapie à triple enjeu, c’est-à-dire à la fois stratégique, économique et social, consiste à maîtriser avant tout les effectifs réels des agents et fonctionnaires de l’Etat, par le nettoyage et/ou par l’assainissement du fichier. En clair, il faut noter que, par l’identification et le recensement rigoureux, mais aussi le contrôle des structures organiques au sein de son secteur et la validation des données, le patron de la Fonction publique voudrait donner une autre image à ce ministère, en élaguant du fichier, tous les fraudeurs et autres détenteurs de faux numéros matricules, les agents fictifs, les cumulards qui font le tour des banques en vue de se faire payer au nom de plusieurs ministères, y compris ceux qui touchent les salaires des personnes décédées, ou des voisins.
«Il faut libérer les postes, que les directeurs cèdent place aux chefs de Division, les chefs de Division aux chefs de bureaux, etc.», a indiqué l’orateur comme pour justifier le sens et les avantages de mise à la retraite. Ce travail sera également exécuté dans le secteur de l’enseignement où, a-t-il poursuivi, le fichier est corrompu. Pour l’orateur, la masse salariale qui sera dégagée de cette opération sera affectée, non seulement à l’amélioration des conditions salariales des agents et fonctionnaires de l’Etat, mais aussi à autre chose. A la réfection des routes par exemple.
«Avec un assainissement drastique et rigoureux, nous allons dégager des économies, qui sont colossales pour améliorer sensiblement les conditions salariales des fonctionnaires», a signifié Jean-Pierre Lihau. Cette volonté du vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, laquelle a pour toile de fond la requalification du vécu quotidien du fonctionnaire de l’Etat RD-congolais, se situe, ainsi qu’il l’a dit lui-même souligné plus d’une fois, dans le cadre de la mission que lui a confiée le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi.
Il s’agit de l’amélioration des conditions salariales des fonctionnaires, y compris les enseignants, les médecins, mais aussi les autres agents de l’Etat. L’on peut comprendre sans effort que, dans cette perspective, les enseignants RD-congolais seront dotés, d’ici à la fin de l’année, d’un statut particulier. C’est à croire que les professionnels de la craie seront traités comme tous les autres fonctionnaires, dans un fichier unique. La maquette y relative sera prête, a rassuré Jean-Pierre Lihau, annonçant également qu’après l’identification de chaque fonctionnaire, viendra la mise sur pied d’une politique salariale commune, dépourvue des disparités. Ce qui ne va pas sans donner tout son sens à l’opération de la mise à la retraite des fonctionnaires qui y sont éligibles.
«D’ici la fin de l’année, près de 10.000 fonctionnaires seront envoyés à la retraite», a signalé l’orateur expliquant que les retraités pourront bénéficier des indemnités de fin de carrière allant de 2000 à 8000 dollars. A cet effet, soit dit en passant que cette opération de mise à la retraite a commencé en 2022 avec 11.000 retraités. Excepté 2023, année des élections où l’opération n’a pas eu lieu pour des raisons liées aux finances. Par ailleurs, on retiendra de cet échange avec les professionnels des médias, qu’il fallait attendre l’arrivée de Jean-Pierre Lihau à la tête de la Fonction publique, pour voir des solutions à certains problèmes qui n’ont que trop duré.
Dans la foulée, la mécanisation de certains agents et fonctionnaires de l’Etat, après des années d’attente stérile et de démarches infructueuses. Cela dit, on se souviendra qu’avant d’entrer dans le vif du sujet, à savoir: le point sur le dialogue social dans le secteur public comme thème de ce briefing, le ministre Muyaya Katembwe a fait un rappel de ce qu’a été le dernier séjour du Chef de l’État à Kisangani, en rappelant toutes les activités que le Président Tshisekedi a déployées dans le chef-lieu de la province de la Tshopo.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette visite est la toute première dans le cadre de la tournée qu’il avait promise à l’ensemble du pays au lendemain de son élection pour le second mandat et ce, en guise de remerciements. Il a ensuite passé la parole à son invité qui a aussi fait le point sur le séjour présidentiel dans cette ville martyre. Puis, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique a annoncé une série de réformes qu’il a lui-même qualifiées d’existentielles, systémiques et structurées et structurantes pour restaurer au fonctionnaire RD-congolais sa dignité d’antan.
«En trois ans, nous avons mécanisé 173.000 fonctionnaires contre 128000 en 20 ans», a martelé Jean-Pierre Lihau, vantant son action à la tête de ce ministère. Et de souligner en substance: «nous avons hérité d’un passé lourd, où les recrutements se faisaient sans tenir compte ni des cadres organiques, ni de la gestion prévisionnelle en termes de budget. Mais, malgré cet héritage, nous nous efforçons à relever le défi».
Dans le jeu des questions-réponses qui s’en est suivi, les deux membres du gouvernement ont rencontré les préoccupations des journalistes sur un certain nombre de sujets d’actualité. S’agissant du sujet relatif au changement de la Constitution qui fait débat, ils ont reconnu la nécessité, si tel est la volonté des RD-Congolais. Toutefois, ils ont fustigé le comportement de certains RD-Congolais, surtout dans la classe politique, qui ramènent ce débat au seul changement de mandat. Pour Muyaya, «personne ne peut nous empêcher de réfléchir».


