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RDC: le sénateur Salomon Kalonda exhorte Tshisekedi et le Sénat de stopper l’initiative du changement constitutionnel

Le sénateur Salomon Kalonda Idi Della, conseiller spécial de Moïse Katumbi, a appelé lundi dans une lettre ouverte le président Félix Tshisekedi et le Sénat à «stopper» la proposition de loi référendaire visant à réviser la Constitution.

Depuis Bruxelles, l’élu d’Ensemble pour la République qualifie l’initiative de « faute historique » en pleine crise sécuritaire et humanitaire. « Vouloir démanteler aujourd’hui la Constitution du 18 février 2006, c’est rompre le pacte républicain » issu de Sun City, écrit-il, rappelant que le texte a été rédigé « pour conjurer le démon de la dictature et garantir l’alternance démocratique ».

Kalonda y voit un « parjure » et une « trahison » de la mémoire d’Étienne Tshisekedi et des treize parlementaires qui ont combattu le régime Mobutu. « Comment peut-on prétendre honorer cet héritage tout en réinstallant les mécanismes mêmes que ces pères de notre démocratie ont combattus ? », interroge-t-il.

Évoquant la situation dans l’Est, où l’État « n’a pas la souveraineté sur une partie majeure du territoire », il estime qu’organiser un référendum « c’est entériner cette division du pays ». Il cite la journée « ville-morte » du 3 juin et la « répression sanglante » du 12 juin, qui s’est soldée par « plusieurs blessés et morts ». « On ne bâtit pas une nouvelle République sur les corps de ses propres enfants », dénonce-t-il.

Pour le sénateur, l’objectif réel est « d’ouvrir la voie à un troisième mandat ». Il met en garde : « Dans le climat de fragilité extrême qui est le nôtre, un passage en force constitutionnel présente un risque d’une gravité exceptionnelle » et offrirait « le prétexte de la partition » du pays.

Si « le Sénat n’a pas encore dit son dernier mot », Kalonda estime que la chambre haute « a le devoir de mettre un terme à cette aventure ». Il s’adresse toutefois « en dernier ressort » au chef de l’État : « Il est encore temps de retirer ce texte et éviter à notre pays une crise constitutionnelle ».

La proposition de loi référendaire, déjà adoptée par l’Assemblée nationale, est actuellement en examen au Sénat.

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