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RDC: Le RJEM alerte sur la pollution minière au Grand Katanga

La pollution environnementale liée à l’exploitation minière dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba suscite une vive inquiétude au sein de la Société civile. Dans un communiqué rendu public, le week-end dernier à Kinshasa, le Réseau des journalistes experts miniers -RJEM- dénonce ce qu’il qualifie de «drame silencieux» aux conséquences humaines et écologiques graves. Selon cette organisation, les communautés vivant à proximité des sites d’extraction minière subissent, depuis plusieurs années, les effets néfastes de rejets toxiques incontrôlés.

Les cours d’eau, notamment les rivières et nappes phréatiques, seraient contaminés par des métaux lourds tels que le cuivre, le cobalt, le plomb et le cadmium. À cela s’ajoutent la dégradation avancée des sols agricoles et les émissions de poussières et de gaz nocifs affectant la qualité de l’air.

Dans son communiqué, le RJEM évoque également des répercussions sanitaires préoccupantes, notamment la recrudescence des maladies respiratoires chroniques, affections cutanées, troubles gastro-intestinaux, ainsi que des cas de malformations congénitales et d’intoxications liés à la consommation d’eau contaminée. «Les femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les plus exposés», souligne ce communiqué.

Au-delà de la santé humaine, le Réseau des journalistes experts miniers alerte sur la destruction progressive de la biodiversité locale, la disparition d’espèces animales et végétales, ainsi que l’appauvrissement des communautés rurales privées de leurs moyens traditionnels de subsistance. Des tensions sociales seraient également observées autour de l’accaparement des terres et de la dégradation de l’environnement.

«Il est inacceptable que l’exploitation des ressources minières, censée contribuer au développement national, se fasse au prix de la vie et de la dignité des populations locales», souligne le communiqué signé par son président national, Apollinaire Kasonga Kabiena.

Face à cette situation, le RJEM exige des entreprises minières opérant dans ces deux provinces, le respect strict des normes environnementales nationales et internationales. L’organisation appelle notamment à la mise en place de systèmes efficaces de traitement des déchets miniers, à la réalisation d’études d’impact environnemental et social transparentes, à la réhabilitation des sites dégradés, ainsi qu’à l’indemnisation équitable des populations affectées. Elle plaide également pour une implication accrue des communautés locales dans les mécanismes de surveillance environnementale.

Par ailleurs, le réseau interpelle le gouvernement central, les autorités provinciales ainsi que les services compétents en charge des mines, de l’environnement et de la santé, afin qu’ils fassent appliquer la loi «sans complaisance», renforcent les contrôles et sanctionnent sévèrement les entreprises fautives. Dans son communiqué, le RJEM salue la récente décision du ministère des Mines suspendant, jusqu’à nouvel ordre, les activités de l’entreprise minière CDM pour des défaillances jugées graves.

Pour le réseau, la richesse minière de la RD-Congo ne doit plus être synonyme de souffrance pour ses citoyens. «La protection de l’environnement est un droit fondamental, non une option», conclut le communiqué, appelant à une action urgente, responsable et transparente afin de garantir un environnement sain aux générations présentes et futures.

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