
Le gouvernement RD-congolais a appelé la population à l’application stricte des mesures de santé publique afin de contenir la propagation du virus Ebola Bundibugyo, signalé en Ituri et à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. L’annonce a été faite le mardi 19 mai 2026 lors d’un briefing spécial co-animé au studio Maman Angebi de la RTNC par le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, et son collègue de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
Le Directeur général de l’INRB, le Docteur Jean-Jacques Muyembe, y a également pris part en qualité d’invité spécial. Revenant sur la réunion de crise tenue dans la nuit de lundi à mardi autour du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, Patrick Muyaya a indiqué que celle-ci a réuni la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et plusieurs membres du gouvernement afin d’évaluer la situation épidémiologique et de définir une stratégie de riposte.
Selon le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, le virus Ebola Bundibugyo, bien que rare, présente des caractéristiques spécifiques différentes du virus Ebola Zaïre, notamment en termes de virulence et de fréquence. Il a toutefois reconnu la présence de signes hémorragiques et un taux de mortalité jugé préoccupant. Grâce à l’expertise de l’INRB, les autorités sanitaires estiment que ce variant est désormais mieux identifié et considéré comme moins virulent que le virus Ebola Zaïre, historiquement plus fréquent en RD-Congo.
De son côté, le Professeur Jean-Jacques Muyembe a rappelé que la plupart des épidémies d’Ebola enregistrées en RD-Congo ont été maîtrisées grâce à des mesures de santé publique, sans recours systématique aux vaccins ou traitements spécifiques, mais par l’isolement des malades et la prise en charge médicale. «Nous avons eu 17 épidémies, dont 15 ont été contrôlées par de simples mesures de santé publique», a-t-il souligné, tout en appelant à renforcer les capacités nationales de production de vaccins.
En attendant, les autorités sanitaires insistent sur le respect strict des mesures préventives: isolement rapide des cas suspects, évitement du contact avec les personnes malades, interdiction de consommer de la viande d’animaux retrouvés morts, cuisson adéquate de la viande, hygiène des mains et recours aux services de santé pour les enterrements sécurisés.
Le gouvernement a également renforcé le dispositif de surveillance dans les zones touchées, avec le déploiement de laboratoires pour le dépistage et la confirmation des cas. Sur le plan logistique, environ 543 cas suspects, 136 décès probables et 69 cas confirmés sont actuellement rapportés, selon le ministre Roger Kamba. Enfin, les partenaires internationaux de la RD-Congo continuent d’appuyer la riposte. À titre d’exemple, 14 tonnes de médicaments don de l’UNICEF étaient en cours de déchargement à l’aéroport de Bunia au moment du briefing.


