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RDC: le Gouvernement interdit le PPRD de Kabila et douze partis alliés

Le tour de vis se resserre. Dans un message officiel daté du 15 octobre 2026, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a ordonné l’interdiction des activités du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD- et de douze autres formations politiques sur toute l’étendue du territoire national. Le télégramme, référencé N°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/BBSI/4071 et adressé aux gouverneurs de province, est d’une sécheresse toute administrative. «Toutes affaires cessantes, prendre toutes les dispositions nécessaires pour exécution sans faille», enjoint le ministre. L’ordre est transmis en copie à la Présidence, à la Primature, aux services de sécurité et à la police.

Si le PPRD, parti de l’ancien président Joseph Kabila, était déjà sous le coup d’une mesure de suspension depuis le mois d’avril pour des soupçons de «complicité» avec la rébellion de l’AFC/M23, la mesure franchit aujourd’hui un nouveau cap. Elle est étendue et notifiée comme une interdiction formelle. Mais c’est la liste annexe qui retient l’attention. Douze partis, tous issus de la galaxie kabiliste ou considérés comme proches, sont frappés de la même mesure. On y retrouve le Leadership et Gouvernance pour le Développement -LGD- de Matata Ponyo, Piste pour l’Émergence -Piste-E- de Seth Kikuni, l’Alliance pour l’Alternance et le Progrès -AAP-, l’Union Démocratique Africaine Originelle -UDA ORGI- de Claudel Lubaya, le Mouvement du Peuple Congolais pour la République -MPCR- de Jean-Claude Vuemba. Il y a aussi l’Alliance des Travaillistes pour le Développement -ATD- de José Makila, le Parti National pour la Nouvelle Énergie du Congo -PNEL-, le Mouvement Lumumbiste Progressiste -MLP- de Franck Diongo, l’Union des Patriotes Congolais -UPC-, l’Action pour la Dignité du Congo et son Peuple -ADCP- de Corneille Nangaa, la Convention des Fédéralistes pour la Démocratie Chrétienne -COFEDEC- et Actions Alternatives pour la Renaissance du Congo -AARC.

Cette interdiction collective intervient dans un contexte de haute tension politique. Elle survient le jour même où, à Bruxelles, la justice belge menait des perquisitions dans l’entourage familial du président Félix Tshisekedi dans le cadre d’une instruction pour blanchiment.

À Kinshasa, le pouvoir assume une logique de souveraineté et de sécurité nationale. Dans son esprit, il ne s’agit pas d’une mesure politicienne, mais de la conséquence de l’activisme de certaines formations accusées de relayer les thèses de la rébellion qui occupe une partie de l’Est du pays. L’opposition, elle, y verra une nouvelle étape dans le rétrécissement de l’espace démocratique à l’heure où les pourparlers de Doha vacillent. La mesure, si elle est strictement appliquée, pourrait priver une partie de l’opposition de toute activité publique. Le ministère de l’Intérieur demande aux gouverneurs «d’accuser réception et de faire rapport». La balle est désormais dans le camp des administrations provinciales.

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