
Le gouvernement de la RD-Congo et le Fonds monétaire international -FMI- sont parvenus à un accord préliminaire au niveau des services sur la 2ème revue du Programme de facilité élargie de crédit -FEC- et la 1ère revue du Programme de facilité pour la résilience et la durabilité -FRD. L’annonce a été faite au terme de la réunion de la Troïka politique, présidée tard dans la soirée du mardi 4 novembre dernier par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.
Autour de la table se trouvaient les délégués du FMI en mission en RD-Congo entre le 22 octobre et le 5 novembre 2025, ainsi que les vice-ministres des Finances et du Budget, de hauts responsables de la Banque centrale du Congo -BCC- et des experts du ministère des Finances. En arrachant cet accord au niveau des services, Doudou Fwamba a fait franchir au gouvernement RD-congolais une étape importante dans le cadre des programmes FEC et FRD.
Cet accord sera soumis, en décembre prochain, à l’appréciation du Conseil d’administration. En cas de validation, le gouvernement, grâce à l’action de son ministre des Finances, bénéficiera, pour la première fois de son histoire, d’un appui budgétaire combiné à un appui à la balance des paiements pour un montant total estimé à 400 millions USD, réparti comme suit: 280 millions USD pour l’appui budgétaire et 120 millions USD pour l’appui à la balance des paiements, destiné à renforcer les réserves de change.
L’accord préliminaire entre la RD-Congo et le FMI est, selon le coordonnateur du Comité technique de suivi des réformes -CTR-, Félicien Mulenda, le fruit de la réalisation de «l’ensemble des engagements» pris par le gouvernement. La plupart des indicateurs chiffrés, a-t-il noté, ont été atteints et près de sept repères structurels sur huit ont déjà été exécutés, confirmant une mise en œuvre cohérente et soutenue du programme. Tout en saluant ces avancées, la mission du FMI a relevé certains points d’attention relatifs notamment à la soutenabilité future de la masse salariale et à la nécessité d’accroître davantage les recettes intérieures.
Des recommandations ont été formulées sur la révision des assiettes fiscales, la rationalisation des exonérations et le renforcement de la gouvernance des finances publiques. Sur ces aspects, une convergence de vues a été observée entre la mission du FMI et la partie RD-congolaise, représentée par le ministre des Finances. Il a également été convenu que quatre ministères pilotes, à savoir ceux du Développement rural, de l’Éducation, de la Santé et des Infrastructures, commenceront l’exécution directe de leur budget dès l’année prochaine, avant l’extension du mécanisme aux autres ministères à partir de septembre, conformément à la feuille de route arrêtée pour l’opérationnalisation de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique -DGTCP- et la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques.
De son côté, le ministre des Finances a réitéré la gratitude du gouvernement RD-congolais envers l’équipe-pays du FMI pour son engagement et son accompagnement constants dans la mise en œuvre des réformes publiques, sous le leadership du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
L’argentier national a souligné que les réformes engagées visent à transformer durablement la gouvernance publique du pays tout en tenant compte des réalités et des contraintes techniques, rappelant que la crédibilité des engagements constitue le fondement du partenariat entre la RD-Congo et ses partenaires financiers.
La mission du FMI a, pour sa part, salué les efforts remarquables du gouvernement RD-congolais, en particulier ceux du ministère des Finances, pour la célérité dans la mise en œuvre des réformes, malgré un contexte exigeant. Elle a salué la résilience de l’économie RD-congolaise face au choc sécuritaire subi à l’Est du pays. Elle a exprimé le souhait de voir la situation sécuritaire dans cette partie s’améliorer afin de réduire le poids des dépenses sécuritaires et de renforcer la capacité d’investissement public.


