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RDC : Le courrier qui en dit long sur les procédés IGF, devenue le symbole de l’arbitraire !

Des mandataires publics suspendus par une ministre de la République après des accusations de mégestion et de détournement par un Service de l’État, traités de voleurs, comme d’autres avant eux, sur les antennes d’une radio, alors qu’ils n’ont jamais été jugés et condamnés comme tels au pénal par une juridiction attitrée, désignés à la vindicte populaire et leur honneur jeté en pâture, mais convoqués, un mois après leur suspension à grand renfort de publicité, pour être entendus par la même structure: l’Inspection générale des finances -IGF- est devenue le symbole de dérapage, de l’arbitraire.

Nous voilà en plein mélodrame! Alors que ses récentes patrouilles financières reçoivent l’adhésion populaire, l’IGF joue à perdre sa crédibilité par ces drôles procédés!

Dans un courrier publié le 10 août à Kinshasa, l’IGF a convoqué les mandataires suspendus de la Société commerciale des transports et ports -SCTP SA-, suspendus le 15 juillet dernier, à une séance de travail afin de donner les réponses aux observations de ce Service sur les prétendues accusations de mégestion et de détournement.

Selon cette correspondance, le DPM Dikenda sera entendu le 16 août, le Directeur général Mabaya le 18 août et le PCA José Makila le 19 août.

Ça fait brouillon. La publication de ce courrier prouve que Makila et ses collègues ont été sanctionnés avant la fin de l’audit, que l’IGF n’a pas joué la carte de l’objectivité et qu’elle n’a pas tout fait pour assurer à sa mission la résistance à la critique! Elle s’est précipitée à dénoncer et agir comme si elle était en présence d’une conclusion au procès, donnant l’impression de vouloir conditionner, influencer les autres instances. De par sa demande, Jules Alingete a fait suspendre les responsables de l’ex-ONATRA pas pour les présenter devant la Justice mais devant le même son propre Service qui les a, vraisemblablement par ruse, condamné et fait condamner avant de les avoir préalablement entendu! Ça frise le tâtonnement! Ça suscite de l’indignation! La promotion de l’Etat de droit ne devrait pas seulement reposer sur la traque des prédateurs. Elle doit aussi tenir compte des conditions, des droits et du sort des personnes concernées par les enquêtes.

Les suspensions du PCA Makila, du DG Mabaya et du DPM Dikenda font suite à l’instruction donnée par le président de la République au gouvernement, lors du Conseil des ministres du 18 juin dernier, de prendre des mesures conservatoires contre les mandataires publics accusés de mégestion.

Dans une lettre adressée à l’Inspecteur général-chef de service de l’IGF, Jules Alingete, le PCA José Makila, jamais vu ni entendu par l’équipe d’audit de l’IGF en mission à la SCTP SA, a protesté contre la violation de ses droits constitutionnels, notamment la présomption d’innocence et le droit à la défense.

Natine K.

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