
L’ONG La Voix des sans-voix pour les droits de l’homme a dénoncé, le mercredi 17 juin 2026, un grave recul de la liberté de manifester en RD-Congo, après la répression violente du sit-in organisé le même jour par la Coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle. Dans un communiqué au ton sévère, la VSV a qualifié l’intervention des forces de l’ordre de «musclée», «sanglante» et «disproportionnée». L’organisation a pointé du doigt des actes de vandalisme visant les sièges de plusieurs partis d’Opposition, dont celui de l’ECiDé de Martin Fayulu, et a déploré l’inaction des forces de sécurité face à ces exactions.
«Il est très ridicule et étonnant que certains éléments de la Police nationale congolaise aient été aperçus en train de jeter des projectiles sur le siège de l’ECiDé aux côtés de personnes se réclamant de la Force du progrès», a écrit la VSV.
Pour l’ONG, rien ne peut justifier la violation du droit à la vie, les atteintes graves à l’intégrité physique ni le non-respect du droit à la propriété. La Voix des sans-voix a regretté le contraste avec l’encadrement des manifestations précédentes, salué comme impartial et mené à la satisfaction générale. Elle a dénoncé des images insoutenables de responsables de l’Opposition ensanglantés après la dispersion de la manifestation, estimant qu’elles ne contribuent nullement à redorer l’image de la RD-Congo à travers le monde. Plusieurs manifestants ont été blessés lors du sit-in, parmi lesquels des dirigeants de partis de l’Opposition.
La mobilisation s’inscrit dans la foulée de la journée «ville morte» décrétée une semaine plus tôt par la même Coalition C64 pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de projet «suicidaire» de révision constitutionnelle. L’organisation a exigé l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs de ces actes, qu’elle considère comme des violations caractérisées des droits humains. La VSV a conclu que cet épisode marque un net recul dans l’exercice des libertés fondamentales, en particulier du droit de manifester, au moment où le débat sur la Constitution divise de plus en plus la classe politique RD-congolaise.
Hénoc AKANO

