
À la faveur de la clôture de la session ordinaire de mars 2025, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a lancé un appel pressant au gouvernement pour le paiement régulier des salaires des fonctionnaires et agents des entreprises publiques travaillant dans les territoires de l’Est de la République Démocratique du Congo actuellement sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, appuyés par le Rwanda.
Le speaker de la chambre basse du Parlement a dénoncé la situation de ces agents, privés de leur droit au salaire, alors qu’ils vivent déjà sous occupation armée. «La guerre ne doit pas être un prétexte pour infliger une double peine à ces populations», a-t-il déclaré, s’adressant directement au Président de la République, à la Première ministre et aux membres du gouvernement.
Vital Kamerhe s’est appuyé sur l’expérience passée du pays, rappelant qu’à l’époque de l’occupation ougando-rwandaise, malgré l’ampleur du conflit et la présence de plusieurs rébellions, les salaires étaient payés. Il a aussi cité les mesures économiques de soutien apportées autrefois aux opérateurs économiques des zones de Bukavu, Goma, Butembo et Beni, qui avaient été relocalisés temporairement à Kinshasa et soutenus par le Fonds de promotion de l’Industrie -FPI.
Le président de l’Assemblée nationale a également condamné fermement la guerre d’agression rwandaise en cours dans l’Est du pays. Selon lui, ce conflit est une tragédie prolongée depuis plus de 30 ans, responsable de plus de 10 millions de morts, des destructions massives et du blocage du développement national, notamment du programme présidentiel de développement des 145 territoires.
Il a conclu son discours en appelant à la solidarité nationale avec les populations victimes des violences et des catastrophes dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Sur le terrain, la réalité reste préoccupante. Fermeture des banques, salaires impayés, et un climat social tendu alimentent la grogne des agents publics. Plusieurs menacent de faire grève, dénonçant l’abandon de l’État.


