
Douche froide dans le camp du secrétaire permanent de l’Union sacrée pour la nation. Alors qu’une rumeur persistante annonçait une contre-manifestation du Pouvoir, Augustin Kabuya a mis fin au suspense: le parti au présidentiel ne marchera pas le 22 juillet, date à laquelle l’Opposition a prévu de manifester contre le changement de la constitution.
Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’est exprimé mardi au micro de Top Congo FM. Il répondait directement à un message attribué au secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata Mangu, qui évoquait une mobilisation le même jour que l’opposition.
«Nous ne pouvons pas tomber dans un tel piège»
L’Opposition a déposé une demande d’autorisation auprès de l’Hôtel de ville de Kinshasa pour marcher contre «le changement de la Constitution». Pour Kabuya, question de stratégie: l’UDPS ne répondra pas dans la rue.
«L’UDPS n’a prévu aucune marche le 22 juillet», a-t-il déclaré. Et d’ajouter: «Nous ne pouvons pas tomber dans un tel piège».
Le SG appelle plutôt la police à assurer la sécurité du cortège adverse et suggère même «le déploiement de drones avec la presse pour couvrir» la manifestation. Une posture d’apaisement qui vise à éviter tout affrontement entre militants.
Contre-attaque contre Human Rights Watch
Augustin Kabuya en a profité pour régler un autre dossier. Il a vivement réagi au dernier rapport de Human Rights Watch qui met en cause la Force du Progrès, branche de la ligue des jeunes de l’UDPS, dans les violences survenues lors d’un sit-in de la coalition C64 au Palais du Peuple.
Pour lui, il s’agit d’un document «partial et mensonger», fondé sur «des accusations non fondées» et «des amitiés». Il cite en exemple un cadre de l’Opposition présenté comme blessé par balle et «vu au Burundi marchant sur ses deux pieds».
L’UDPS assure avoir saisi la justice: une plainte a été déposée le 22 juin auprès du procureur près la Cour de Cassation contre l’ONG.
En refusant la confrontation de rue, l’UDPS choisit de laisser l’opposition manifester seule le 22 juillet. Un choix qui évite au pouvoir le risque d’une escalade.



