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RDC: Guylain Nyembo dessine la trajectoire vers 2050

C’est là que la Première ministre a fait ses premiers pas au gouvernement. Passée à la Primature, Judith Suminwa Tuluka n’a pas totalement coupé les ponts avec le ministère du Plan. Bien au contraire, la cheffe du gouvernement y place le cœur de son action. Sous la conduite du ministre d’État Guylain Nyembo, ce portefeuille gouvernemental a changé de dimension, devenant le centre névralgique de l’action publique. Depuis août 2025, date de l’entrée en fonction de l’actuel gouvernement, une nouvelle architecture de développement fondée sur les données, la planification et la performance se met clairement en place. De passage à l’exercice de redevabilité, Guylain Nyembo a fait les comptes de douze mois de réformes entrepris dans le but de remettre de l’ordre dans la planification pour donner une trajectoire plus lisible au développement de la République Démocratique du Congo.

Tout en présentant le bilan de son portefeuille, le min’État a mis un accent particulier sur la méthode qui consiste à reconstruire les capacités de planification de l’État, mieux hiérarchiser les investissements et s’appuyer sur des données fiables pour orienter les politiques publiques. Pour Guylain Nyembo, cette démarche vise une perspective de long terme, avec la «Vision 2050» comme horizon. Pour y arriver, le ministère du Plan doit retrouver sa fonction stratégique de transformer les ambitions nationales en politiques publiques, programmes et projets cohérents, tout en veillant à leur compatibilité avec les ressources disponibles. En douze mois, du chemin a été parcouru. Pour la période 2024-2026, 506 projets prioritaires représentent un investissement global de 12 milliards de dollars. Près de 6 milliards ont déjà été décaissés, selon les chiffres présentés par le ministre.

Pour l’exercice budgétaire 2026, 153 projets ont par ailleurs été inscrits au budget national afin de poursuivre leur mise en œuvre. En lieu et place de  s’arrêter à l’identification des projets, le ministre propose une méthode plus intégratrice qui veut ceux-ci soient également les préparer afin d’attirer les capitaux nécessaires à leur réalisation. C’est dans cette logique qu’une banque de projets de partenariats public-privé doit voir le jour. Portée par l’Unité de conseil et de coordination des partenariats Public-Privé, cette institution à naître devrait permettre au pays de disposer d’un portefeuille de projets bancables, suffisamment structurés pour intéresser les investisseurs.

Cinq axes pour changer d’échelle

Cette stratégie s’arrime aux cinq axes du Plan national stratégique de développement 2024-2028: les infrastructures, la diversification de l’économie, la gouvernance, le capital humain et le développement durable des provinces. Dans le domaine des infrastructures, les priorités portent notamment sur l’énergie, les routes et les transports. La diversification économique doit, quant à elle, passer par une transformation accrue des ressources minières et agricoles sur le territoire national. L’ambition affichée est de faire progressivement passer la croissance économique à 10%, contre environ 5,7% actuellement, selon les données avancées par le ministre.

Pour atteindre cette trajectoire, Guylain Nyembo mise également sur une amélioration de l’environnement des investissements. Dans cette optique, le pays pourrait revisiter son Code des investissements et élaborer une politique nationale d’amélioration du climat des affaires. Dernière réforme envisagée, la révision de la loi de 2018 relative aux partenariats public-privé. Ces chantiers devraient, de l’avis du ministre, répondre aux exigences de transparence, d’une meilleure sécurité juridique et d’une plus grande soutenabilité budgétaire. Tout cela devrait s’appuyer sur l’Agence nationale de promotion des investissements -ANAPI- qui conservera, selon Guylain Nyembo, son rôle central.

Le recensement en ligne de mire!

Last but not least. Le ministre a rappelé que ces douze derniers mois, le projet du recensement général de la population a suffisamment avancé. Quarante après, le pays devrait finalement connaitre sa population alors que le processus de recrutement des agents de terrain a été lancé. Derrière cette opération statistique se joue, selon lui, la question des données nécessaires au dimensionnement des politiques publiques et de répartition des investissements en fonction des réalités du pays. Pour Guylain Nyembo, aucune politique publique ne peut être efficacement planifiée sans une connaissance précise de la population, de sa répartition, de ses activités et de ses conditions de vie.

En bon manager, Guylain Nyembo entend, enfin, introduire davantage de culture du résultat au sein de son propre ministère. Après une première expérimentation menée auprès de trois structures, les contrats de performance doivent être étendus aux 15 structures rattachées au ministère du Plan afin de faire du suivi des résultats et de la redevabilité des instruments permanents de gestion. Une manière, pour le ministre, de rapprocher la planification des résultats effectivement obtenus sur le terrain.

Tout cela devrait se faire durant cette deuxième année qui commence et dont les priorités sont déjà établies: organiser le recensement général de la population, faire adopter la loi sur la planification, moderniser la loi statistique, poursuivre la révision du cadre légal des PPP et avancer sur les réformes relatives au climat des affaires et au Code des investissements. À travers cette feuille de route, le ministre dit chercher à installer la planification comme un préalable à l’action publique plutôt que comme un simple exercice administratif. De la fiabilité des statistiques à la sélection des projets, en passant par leur financement et l’évaluation de leur performance, Guylain Nyembo veut ainsi reconstruire les outils qui doivent permettre à l’État RD-congolais de mieux anticiper, mieux investir et, surtout, mieux mesurer les résultats de ses politiques publiques. C’est cette architecture que le ministre entend consolider à l’horizon 2050, avec le Plan national stratégique de développement comme principal cadre de référence.

WIDAL

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