
À l’approche de l’échéance du recouvrement de l’Impôt sur les bénéfices et profits -IBP- pour l’exercice fiscal 2026 au titre des revenus 2025, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li‑Botayi, a pris des mesures strictes pour encadrer détermination et paiement de l’impôt. Un communiqué du cabinet, signé par le directeur de cabinet Alain Malata, détaille les nouvelles règles applicables immédiatement.
Principale décision: l’IBP devra être payé en francs congolais -CDF-, au taux de change acheteur du jour. Le ministre exige par ailleurs que le résultat fiscal et le calcul de l’IBP pour les revenus 2025 soient désormais déterminés dans la devise de tenue de la comptabilité de chaque entreprise. La circulaire précise aussi les modalités d’imputation des acomptes provisionnels: leur valeur doit être convertie dans la devise de tenue de la comptabilité sur la base du taux de change indicatif acheteur en vigueur à la date de paiement. Le solde de l’impôt sera ensuite déterminé dans la devise comptable, après imputation de ces acomptes.
Le ministère justifie ces mesures par la nécessité de «préserver la neutralité de l’impôt et la valeur réelle des recettes fiscales de l’État». Selon le communiqué, la tenue de comptes en devises étrangères par certaines entreprises, conjuguée aux fortes fluctuations du taux de change au dernier trimestre 2025, a fragilisé cette neutralité et exposé le Trésor à des pertes de recettes.
Sont particulièrement visées les entreprises des secteurs minier, pétrolier et des hydrocarbures, ainsi que les sous‑traitants miniers bénéficiant des avantages du Code minier, qui tiennent leur comptabilité en devises étrangères. Le message est facile à comprendre: tout manquement aux nouvelles obligations exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la législation fiscale en vigueur.
Le ministère invite en outre les entités concernées à contacter la DGI pour connaître les modalités pratiques relatives aux déclarations et à l’imputation des acomptes provisionnels. En imposant le franc congolais comme monnaie de paiement et en cadrant les conversions, le gouvernement entend sécuriser ses recettes face au risque de change. Pour les grandes entreprises exportatrices, la mesure impose des ajustements comptables et cash‑flow qui ne sont pas neutres et augure d’une application stricte du fisc dans les semaines à venir.



