
La Commission électorale nationale indépendante -CENI- a organisé, le lundi 25 mai au Silikin Village à Kinshasa, la projection officielle du film documentaire «Le Centre électoral Bosolo: la vérité des urnes à visage découvert». La cérémonie a réuni des acteurs politiques, des diplomates, des journalistes et des observateurs venus découvrir les coulisses du dispositif mis en place pour sécuriser et publier les résultats des élections de 2023. «Ce film d’une vingtaine de minutes retrace les grandes lignes de la mise en place du Centre électoral Bosolo pour assurer la transparence des urnes en RD-Congo», a indiqué Denis Kadima dans son mot introductif à la projection du film.
Le président de la CENI a saisi l’occasion pour rappeler que la gestion des élections ne peut plus se limiter à l’événement du scrutin, mais doit s’inscrire dans une logique de cycle continu. «L’élection doit se gérer en termes de cycle. Le cycle prochain commence à la fin du cycle précédent. Chez nous, on attend souvent 18 mois, deux ans, et tout le monde oublie. Quand il y a des ratés, on regarde les gestionnaires des élections», a-t-il déclaré devant l’assistance. Revenant sur les débuts de son équipe en octobre 2021, Kadima a évoqué un diagnostic sévère posé lors du premier atelier stratégique. «La CENI était extrêmement impopulaire. Parmi les problèmes, il y avait la question des résultats. Ils étaient publiés en gros, sans détail, et il fallait parfois attendre deux semaines avant d’avoir les résultats nationaux», a-t-il rappelé.
Pour corriger ces failles, la commission a mis en place un double dispositif. Le premier repose sur l’application stricte de la loi qui impose la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote sur le site web de la CENI. «Si vous vérifiez, vous pouvez aller sur notre site et obtenir les résultats par bureau de vote. Souvent, on n’en parle pas. Mais quand les choses marchent, il faut le souligner», a affirmé Denis Kadima. Le second pilier est le Centre électoral Bosolo. Ouvert en décembre 2023, ce centre a permis de centraliser, sécuriser et publier les résultats territoire par territoire en temps réel. «Dans ce centre, nous avons publié les résultats sous la lumière du jour. Nous avons invité les partis politiques, les candidats, les journalistes, les observateurs et la Communauté internationale. Nous n’avions rien à cacher», a-t-il expliqué.
Selon le président de la CENI, cette transparence a mis fin aux publications parallèles qui, lors des cycles précédents, alimentaient les contestations et les tensions. «En 2023, il n’y a pas eu de publication parallèle des résultats. Tout le monde attendait les résultats de la CENI, publiés progressivement au centre Bosolo et sur le site. Ceux qui voulaient mettre du feu n’avaient plus de boulot, parce que nous l’avions fait», a-t-il soutenu. Denis Kadima a également rappelé que la CENI-RD-Congo bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance régionale.
L’institution occupe la vice-présidence du forum des commissions électorales de la SADC et la présidence de l’équivalent en Afrique centrale. Répondant aux critiques sur la durée du vote et le taux de participation, il a rejeté l’idée d’un gonflement des résultats. «Le taux de participation en 2023 était d’un peu plus de 42 à 43%. Si nous avions triché, il aurait atteint 70 ou 80%», a-t-il déclaré. Pour le président de la CENI, le documentaire projeté n’est pas un outil de communication promotionnelle, mais un témoignage du chemin parcouru depuis 2006. «Ce n’est pas pour nous vendre, c’est pour constater le progrès. Les élections sont notre affaire à tous. Il n’y a pas d’un côté des acteurs et de l’autre des spectateurs. C’est collectif, c’est notre pays», a-t-il conclu. Réalisé par l’équipe de communication de la CENI, le film montre aussi l’espace média aménagé au sein du centre, permettant une couverture en direct du processus de compilation et de publication des résultats.

