
La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a pris la parole, le mardi 25 novembre 2025 au Centre culturel et artistique pour l’Afrique centrale à Kinshasa, lors du panel ministériel inaugural de la 4ème édition de l’African Digital Innovation Summit -ADIS. Le thème central de cette session: «Les voies d’accélération de la transformation digitale souveraine de l’Afrique».
Dans son intervention, Raïssa Malu a rappelé l’importance de l’enseignement à distance -EAD-, instauré durant la crise de la Covid-19 entre 2020 et 2021. Cette période a marqué un tournant décisif dans la réforme du système éducatif RD-congolais, avec l’introduction de dispositifs numériques novateurs, comme le programme «Apprendre à la maison», destiné aux enfants déplacés, malades ou vivant dans des zones de conflit.
À son arrivée à la tête du ministère en juin 2024, la ministre d’Etat Raïssa Malu a lancé le Plan quinquennal 2024-2029. Ce document stratégique repose sur cinq principes, à savoir: le dialogue avec les parties prenantes, le renforcement de l’administration, l’investissement dans la formation des enseignants, la promotion de l’équité et de l’inclusion, et l’intégration des technologies de l’information et de la communication.
Ses objectifs: améliorer l’accès à une éducation de qualité, moderniser le système éducatif grâce aux technologies et développer la Nouvelle citoyenneté. Un arrêté ministériel a officialisé l’EAD sur une base légale, accompagné de mesures d’accompagnement pour en faciliter l’usage. Selon la min’Etat Malu, «le dispositif s’adapte à tous les contextes pour renforcer la qualité de l’enseignement et atteindre tous les apprenants».
Contenus pédagogiques et numérique endogène
Raïssa Malu a insisté sur la production de contenus pédagogiques contextualisés, citant les capsules éducatives en mathématiques et sciences conçues selon les réalités locales. Elle a encouragé l’usage de solutions endogènes plutôt que de dépendre exclusivement de plateformes étrangères et a souligné l’importance de la formation continue des enseignants pour garantir une réforme durable.
Elle a également évoqué la digitalisation progressive de l’administration de l’Éducation nationale et présenté le numérique comme une opportunité stratégique pour valoriser le patrimoine culturel et éducatif de la RD-Congo. Raïssa Malu a insisté sur la nécessité d’orienter davantage les jeunes, en particulier les filles, vers les filières Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques -STEM- pour préparer une génération capable de porter l’innovation africaine.
Le e-Diplôme et la régulation du numérique
Parmi les initiatives clés, la ministre d’Etat a présenté la réforme du e-Diplôme, visant à dématérialiser et sécuriser cette pièce scolaire essentielle. Selon elle, «si le numérique est l’autoroute, l’éducation en est le permis de conduire. Le digital devient une menace seulement lorsqu’il n’y a pas suffisamment d’éducation des utilisateurs». Raïssa Malu a appelé à une régulation proactive et à la responsabilité des producteurs de contenus numériques pour promouvoir des plateformes bénéfiques à la nation.
Participation gouvernementale et récompenses
Aux côtés de Raïssa Malu, Frédéric Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique, et Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur, ont activement participé à ce panel animé par Dominique Migisha, coordonnateur de l’Agence de développement numérique -ADN. En marge du sommet, une soirée de gala organisée le 24 novembre au Fleuve Congo Hôtel a récompensé Raïssa Malu avec le trophée de Championne numérique 2025 de Digital Africa. Ce prix souligne l’aboutissement des réformes numériques dans l’éducation, incluant l’intégration de l’IA pour la correction de l’Examen d’État 2024-2025, la décentralisation des centres de scannage, le développement de l’EAD et la mise en œuvre du e-Diplôme.
