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RDC : Qui veut la peau de Kamerhe?

Vital Kamerhe passait, jusqu’avant sa convocation lundi 6 avril au Parquet de Matete, pour un Directeur de cabinet d’exception. Principal allié du Président de la République, désigné par l’Accord de Nairobi comme candidat naturel et obligé de l’UDPS à la présidentielle de 2023, il n’a rien de commun avec ses prédécesseurs à ces fonctions, il n’a fait jusque-là rien comme les autres, de son mariage bling bling avec Hamida Shatur à ses coups de gueule en passant par les défenses que Félix Tshisekedi lui a toujours assurées. Il n’y a donc pas lieu d’être surpris par ses probables démêlés judiciaires actuels, ils participent, selon plusieurs analystes, au personnage que l’ex-speaker de l’Assemblée national s’est construit, qui se veut hors du commun. Mais au-delà de cette volonté affichée et assumée d’être à la fois le sherpa et le dauphin du Président, et sans tomber dans une sorte de «théorie du complot», l’opinion est en droit de se demander si une succession aussi rapide d’affaires le visant directement -15 millions de dollars de la décote sur les produits pétroliers ou de rétro-commission, la guéguerre avec l’Assistant en charge de la logistique du Président de la République, le dossier 100 jours à travers les sauts-de-mouton et les logements sociaux, etc.-, n’a pas pu bénéficier de coups de pouce additionnels, partis des officines, visant à sceller une bonne fois pour toutes son destin politique. En un mot comme en mille, la question est «Qui veut la peau de Kamerhe?» AfricaNews fait passer en revue les faits, les évidences et les questions susceptibles d’apporter un début d’éclairage après des scènes de ménage constatées au Palais de la Nation entre les caciques de l’UDPS et leurs partenaires de l’UNC.              

Des caciques de l’UDPS à la manœuvre?  

Le parti présidentiel donne l’impression de vouloir faire voler en éclats l’Accord de Nairobi qui fait de Vital Kamerhe le candidat naturel obligé du parti Tshisekediste à la présidentielle de 2023. Hormis la déclaration de son président intérimaire, le tonitruant Jean-Marc Kabund, selon laquelle, l’UDPS fera longtemps au pouvoir, l’opinion a assisté à une série de bisbilles prouvant que Limete ne porte plus son allié de l’UDPS en haute estime. Des questions fusent à ce sujet: pourquoi ce sont les partenaires de l’UNC qui attaquent leur principal allié depuis le début du mandat plutôt que leurs adversaires politiques? Sait-on à ce stade que les 100 jours, avec leur volet-phare, la gratuité de l’enseignement primaire, constituent le seul bilan réel du Pouvoir de Fatshi et que les combattre est synonyme de combattre le fils du sphinx? Des faucons à l’UDPS auraient-ils mal perçu la présence de VK à la dernière rencontre entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila à Nsele? Mais de là à agir dans l’ombre pour lui chercher noise et l’écarter de la ceinture de Fatshi, il y a un pas que nos rédactions ne sauraient franchir sans une certaine appréhension.         

Possible embuscade FCC?

Souvenez-vous, c’était à l’issue du dialogue de la Cité de l’Union Africaine. Vital Kamerhe était pressenti pour atterrir à la Primature. Quelques avis négatifs  des barons de l’ex-Majorité présidentielle, et c’en était fini du destin de l’ex-secrétaire général du PPRD, parti renforcer le camp de l’Opposition politique après une crise avec son ex-mentor Kabila. Alors que Kamerhe a réussi à rebondir aux côtés de Félix Thisekedi, prenant une sorte de revanche sur la kabilie après près de 10 ans à ronger son frein, ses anciens amis politiques entendraient-ils lui asséner l’ultime estocade? Ils auraient encore le temps et l’énergie pour ourdir dans l’ombre le complot d’une nouvelle vengeance? La question reste posée.    

La justice pour justifier le coup bas?

Puisque une invitation à se présenter au Parquet a été finalement lancée à Kamerhe, parlons-en, parlons du rôle que pourrait jouer la justice dans un possible scénario d’anéantissement du Directeur de cabinet du Président de la République. De l’avis de plusieurs experts en la matière, sur le plan juridique, le juge compétent pour entendre le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat en exercice c’est la Cour de cassation. Le fait que l’invitation ait été lancée par un Procureur de niveau inférieur fait jaser. Les analystes laissent entendre que dans le cadre des enquêtes sur les 100 jours, des entrepreneurs auraient été forcés à citer le Directeur de cabinet. Ils auraient refusé mais ont quand même été libérés sous caution. Ces brèches font susciter une dernière série de questionnements: le Procureur serait devenu en même temps un juge pour arrêter et exiger une caution pour libérer les détenus? A quand la publication des conclusions de cette enquête qui donne l’impression de virer en business? Après les attaques, mêmes les plus viles, contre le Directeur de cabinet dans les médias, le front judiciaire est activé. Tous sont vraiment prêts à comparaitre, y compris les proches directs du Président de la République? «Il faut laisser la Justice faire son travail», lance-t-on dans les rangs de l’UNC, même si le parti a prévu, malgré les mesures prises dans le cadre de l’Etat d’urgence imposé par le Covid-19, d’accompagner massivement son leader au Parquet de Matete.

YA KAKESA

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