
La campagne de dénigrement visant le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, a pris une tournure politique et sécuritaire, selon des sources concordantes. Accusé par un député national élu de Wamba de «bradage des mines», le gouverneur fait face à une coalition locale qui suscite l’attention des observateurs et des services de sécurité, ajoutent ces sources.
Une coalition locale en question
Selon plusieurs sources, le député national n’agit pas seul. Il s’est associé à deux députés provinciaux du Haut-Uélé. L’un de ces députés provinciaux aurait donné à son enfant le nom du chef de file du mouvement rebelle M23/AFC, a-t-on appris de sources locales. Cet acte a été posé alors que le M23/AFC avait déjà lancé son offensive contre la République Démocratique du Congo, précisent ces sources. Dans le contexte de guerre d’agression que connaît le pays, ce choix patronymique pose question chez plusieurs observateurs interrogés par les médias.
Soupçons et appel à enquêter
Ces éléments interviennent alors que des tensions sécuritaires sont observées autour de la chefferie Andubi, selon des sources locales.
Par ailleurs, le facilitateur chargé de distribuer des enveloppes à des journalistes pour relayer les accusations de «bradage minier» est présenté par plusieurs sources comme proche de la direction politique et militaire du M23/AFC. Dans les médias, des questions fusent: Pourquoi certains députés de Wamba semblent-ils plus occupés à attaquer les institutions provinciales qu’à dénoncer l’agression subie par Andobi?
Simple coïncidence ou stratégie bien orchestrée? Pourquoi cette campagne médiatique contre le Gouverneur Jean Bakomito a-t-elle éclaté juste après les violences dans la chefferie Andobi? Qui finance cette agitation? Au profit de qui travaillent réellement ces acteurs politiques et leurs relais médiatiques ? Et comment expliquer les liens et les signaux troublants qui alimentent les soupçons de proximité avec le M23/AFC ?
Les services de sécurité ne devraient-ils pas faire toute la lumière sur ces interrogations qui préoccupent l’opinion publique? Face à ces interrogations, des voix s’élèvent pour demander aux services de sécurité et à la justice militaire d’investiguer sur d’éventuelles ramifications menaçant l’intégrité de la province. Aucune réaction officielle n’a pu être obtenue dans l’immédiat.
L’exécutif met en avant l’action
Pendant ce temps, le gouverneur Jean Bakomito Gambu poursuit une mission d’itinérance à Faradje, selon le gouvernorat. Au programme: inspection des infrastructures, dialogue avec les communautés et encadrement du secteur minier conformément au Code minier national, indique la même source.
Le débat dans le Haut-Uélé a ainsi quitté le seul terrain de la gouvernance minière pour toucher aux enjeux de souveraineté et de sécurité nationale, notent plusieurs analystes.
Baron LUMBU
Correspondance particulière

