
Le Directeur général d’AfricaNews RDC, Achille Kadima Mulamba, a reçu, dimanche 20 septembre à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le Prix de la presse lors de la 16e édition du Trophée «Bravo X». Pour celui dont les initiales, «AKM», sont plus connues que le visage, cette distinction vient couronner plus de trois décennies de carrière et plus de vingt ans passés au sein d’un média dont il a accompagné l’évolution, des kiosques à l’ère numérique. Une récompense qui ne salue pas seulement un apogée, mais auréole tout un parcours.
Derrière la signature «AKM» se cache un journaliste qui a consacré trente ans à un métier exigeant, et une trajectoire intimement liée à celle d’AfricaNews, fondé par son complice Alain Nkoy en octobre 2005 et qu’il a rejoint dans la foulée. En recevant son trophée, le patron du trihebdomadaire de référence n’a pas voulu le garder pour lui seul: «Ce prix n’est pas le mien seul. Il est d’abord celui d’AfricaNews, mon journal depuis 2005. Il est aussi celui du fondateur Alain Nkoy, ici présent». Le Fondateur est venu vivre l’événement, fier de l’œuvre commune. Fier du parcours accompli.
De stagiaire en 1996 à figure de la presse congolaise, AKM a fait ses premiers pas au Standard, sous l’encadrement de Kasongo Bin Nassor, Jean-Pierre Wafwana et Kinyongo Saleh. Il rejoint ensuite le journal Vision, sous l’aile de Bonane Yanganzi et Thierry Kalumba, avant de voler de ses propres ailes en lançant Veritas avec Freddy Embumba.
C’est à Veritas que commence l’épreuve. Avide de dossiers brûlants, il publie une enquête sur la gestion de la Direction générale des impôts (DGI). La sanction est immédiate: «enlèvement, yeux bandés, détention, puis exil». Il en tire une leçon qu’il répète aujourd’hui: «J’ai connu la peur. J’ai aussi compris ce jour-là pourquoi nous faisons ce métier. On ne fait pas du journalisme pour plaire. On le fait pour servir. Servir la vérité, même quand elle dérange. Servir nos lecteurs, même quand c’est risqué». Cette détermination à porter la plume dans la plaie lui a valu des procès en diffamation, tous remportés. Preuve de son professionnalime.
Une mentalité qu’il espère inculquer à la nouvelle génération. Tout en leur dédiant ce prix, AKM a exhorté «tous les jeunes reporters qui commencent aujourd’hui» de n’avoir peur de rien, «sauf de trahir les faits». «On ne fait pas du journalisme pour plaire. On le fait pour servir». Il a également dédié son prix à tous ces professionnels des médias qui résistent, malgré moult pressions, tentations et sollicitation de tous bords.
Avec le temps, AKM s’est imposé comme une référence. De la génération Mike Mukebayi, Tito Ndombi, Obul Okwess, Christian Butsila à celle d’aujourd’hui, il a traversé les époques et permis à l’ADN AfricaNews de subsister. Il n’a pourtant brûlé aucune étape. Il a gravi les échelons un à un. En 2011, après l’élection d’Alain Nkoy au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), il hérite du bâton de commandement et s’emploie à maintenir les standards que les deux hommes s’étaient fixés: la rigueur comme boussole.
Une rigueur qu’il érige en condition de survie. Dans un paysage où la presse écrite dominait encore en 2005, AfricaNews a réussi là où d’autres ont disparu: la transition numérique. Sans quitter les kiosques, le journal a développé son site web et ses plateformes. Résultat: AfricaNews RDC s’est classé Top 2 des médias en ligne au pays au premier semestre 2026. Le Trophée «Bravo X» vient ainsi marquer une étape de plus pour une plume devenue institution, indissociable de ce journal qu’il appelle toujours «mon journal depuis 2005».
WIDAL





