ActualitésTribune

Présidium élargi: l’USN en mode Wenge musica?

L’élargissement du présidium de l’Union sacrée de la Nation à 40 membres a de quoi laisser perplexe. À ce rythme, la coalition présidentielle ressemble moins à une structure de gouvernance qu’à un super-groupe musical RD-congolais des années 90, où chaque star en devenir exigeait sa place sous les projecteurs, quitte à provoquer des tensions et des éclatements spectaculaires.

Comme Wenge musica, autrefois incarnation de l’unité avant de se scinder en factions rivales, l’Union sacrée de la Nation semble s’engager sur un terrain glissant où la gestion des ambitions personnelles pourrait s’avérer plus complexe que l’affrontement avec l’Opposition. Pourquoi un présidium aussi pléthorique? Dans le jeu politique RD-congolais, où l’inclusion se confond souvent avec la neutralisation, cet élargissement ressemble moins à une volonté d’efficacité qu’à une opération de pacification interne. Offrir un siège à chaque figure influente permet certes d’éviter des frondes immédiates, mais à quel prix?

Une structure aussi tentaculaire peut-elle réellement fonctionner, ou risque-t-elle de devenir un théâtre d’affrontements feutrés où chacun se bat pour imposer sa voix? En politique comme en musique, l’accumulation des talents ne garantit pas l’harmonie. Trop de solistes, pas assez de discipline collective: voilà la recette d’une cacophonie où les querelles d’ego prennent le pas sur la symphonie du bien commun.

Félix-Antoine Tshisekedi, en chef d’orchestre, devra faire preuve d’une autorité sans faille pour éviter que ce grand ensemble ne vire à la dissonance généralisée. Parviendra-t-il à maintenir la cohésion, ou se retrouvera-t-il à gérer un présidium aussi divisé que les anciennes formations musicales RD-congolaises, où chaque leader finit par vouloir monter son propre groupe?

L’élargissement du présidium peut être perçu comme une tentative de ratisser large, d’absorber les ambitions et de verrouiller les velléités dissidentes. Mais si l’histoire de Wenge musica nous enseigne une leçon, c’est bien que trop de leadership sans véritable discipline finit inévitablement par provoquer des scissions. La grande question demeure: l’Union sacrée de la Nation saura-t-elle orchestrer cette diversité en une force cohérente, ou sombrera-t-elle dans un interminable spectacle de rivalités internes, au risque de voir son unité se disloquer sous le poids des ambitions contradictoires?

Antonio

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page