
Invité du Live Space ce mardi 27 octobre, le chercheur d’Ebuteli estime irréaliste la tenue des scrutins à la date prévue. Il plaide pour un report technique négocié et met en garde contre toute manœuvre politique. Un report, oui. Une manœuvre pour se maintenir, non. Pour Reagan Miviri, chercheur à l’institut Ebuteli, le débat n’est plus de savoir si les élections de 2028 auront lieu à temps, mais comment encadrer leur décalage. «Il faut que les acteurs se rendent compte que ce n’est pas possible d’avoir les élections à une date précise et qu’on puisse convenir d’un glissement technique, mais pas d’un glissement politique qui avantagerait un acteur ou qui serait poussé par l’intérêt de se maintenir au pouvoir», a-t-il déclaré, invité du Space live ce mardi 27 octobre.
Le dialogue comme seul antidote
Face aux scénarios qui s’entrechoquent -changement de Constitution, prise de pouvoir par la force-, Miviri défend la voie du dialogue. Toute autre option, prévient-il, plongerait le pays dans «des années de tunnel». «Pour un pays comme le nôtre, qui a déjà vécu plusieurs transitions, je ne pense pas qu’on ait besoin d’une transition de plus», souligne-t-il. Le chercheur pointe les limites du processus actuel. S’il note que Félix-Antoine Tshisekedi a évoqué le soutien de l’Union africaine, il relève l’absence de mention du rôle de la CENCO et de l’ECC, et l’absence de garanties sur la participation de la C64. Un processus «encore perfectible», qui pourrait être amélioré «avec beaucoup de volonté politique». À défaut, la polarisation entre un «Goma radicalisé» et un «Kinshasa radicalisé» ne peut conduire qu’au statu quo ou au passage en force. «Il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées», résume-t-il.
Pas de mandat au-dessus de la Constitution
Interrogé sur la sortie de Félix Tshisekedi, qui affirmait samedi devant sa majorité avoir une «mission» de rétablir la paix dans l’Est, Reagan Miviri recadre. Le président a prêté serment sur la base d’un mandat, non d’une «mission salvatrice». Assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire relève de sa responsabilité, mais «cela ne lui donne pas un droit supplémentaire au-delà de la Constitution pour un potentiel troisième mandat. Pas du tout».
À horizon d’un an, le chercheur voit le premier signe d’une République Démocratique du Congo ayant évité le pire dans un pays qui reprend le contrôle de tout son territoire, s’engage sur la voie d’une alternance et poursuit l’effort économique, notamment en matière d’infrastructures. «On n’est pas censé tout faire dans un mandat. D’autres personnes peuvent succéder et faire mieux».





