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PPRD vs UDPS: poussées de violences

L’infraction était là, la flagrance indéniable et la clameur publique indiscutable. Il n’a manqué que la Justice. Ceux qui ont appelé à manifester et provoqué les morts contre l’avis des autorités gouvernementales, en violation de l’Etat d’urgence proclamé par le Président de la République et en rébellion contre ses pouvoirs sont pourtant connus de tous…     

Un policier immolé, trois membres de l’UDPS tués -selon le SG Augustin Kabuya-, plusieurs blessés tant dans les rangs des agents de l’ordre que des manifestants, des sièges de partis politiques incendiés, l’Eglise du pasteur Sony Kafutavandalisée, une vingtaine de motos des wewasproches du parti présidentiel brûlées… Incontestables poussées de violences. 

UDPS et PPRD, deux principaux partis membres de la coalition FCC-CACH au pouvoir, ont manifesté jeudi dans les rues de Kinshasa et dans certaines grandes villes, contre l’avis du gouvernement. Le gouvernement a beau interdire mercredi l’organisation des marches sur toute l’étendue du territoire nationale évoquant l’Etat d’urgence sanitaire proclamé depuis bientôt quatre mois par le Président de la République pour contenir la propagation et charger la Police d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, rien n’y a fait. Le pays a été victime de poussées de violences entretenues par les militants de deux formations politiques membres de la coalition du Pouvoir. Pendant plusieurs heures, certains quartiers et artères de la capitale ont été livrés à de frondeurs  armés de pierres, qui ont violenté des policiers et incendié les sièges de partis politiques adverses.

L’infraction était là, la flagrance indéniable et la clameur publique indiscutable. Il n’a manqué que la Justice. Ceux qui ont appelé à manifester et provoqué les morts contre l’avis des autorités gouvernementales, en violation de l’Etat d’urgence proclamé par le Président de la République et en rébellion contre ses pouvoirs sont pourtant connus de tous…     

Côté UDPS, les troupes révoltées ont été conduites à Kinshasa par deux ténors du parti, notamment le président intérimaire Jean-Marc Kabund et le secrétaire général Augustin Kabuya, alors que les militants du PPRD se sont essentiellement regroupés au siège de l’Interfédéral sis boulevard Sendwe, cible de violentes attaques de la part des militants se réclamant de l’UDPS, autant que le QG en face du Parti Travailliste, la formation politique du ministre FCC des Affaires humanitaires, Steve Mbikayi, incendié. Située à un jet de salive du QG du PT, l’Eglise du pasteur Sony Kafuta a été démolie. «Mon Eglise est démolie. Ce sont des actes prémédités. Ils n’ont pas le monopole de la violence. Nous sommes aussi capables de brûler d’autres Eglises et Etats-majors politiques. Il y aura riposte», a déclaré l’un des signataires du PV de désignation de Ronsard Malonda par les Confessions religieuses.   

Autour de Kabund, on a entendu la foule se vanter d’avoir chassé Mobutu, fait trembler Mzee Kabila, promettre d’anéantir Joseph Kabila. 

Les militants de ces deux formations politiques se sont également affrontés à Limete, devant le siège du PPRD/Mont-Amba sur le boulevard Lumumba, vandalisé et en flammes.

Dans un tweet, le journaliste Pascal Mulegwa, correspondant de RFI, dénonce des attaques contre le car de reportage de la radio française par des marcheurs arborant des drapeaux du parti présidentiel, UDPS. Matériels de reportage et téléphone emportés, Mulegwa s’en est sorti avec quelques égratignures. Les faits se sont déroulés à Limete aux hauteurs de la Paroisse Saint Raphaël à Limete. Pour sa part, Rachel Kitsita, DG d’Actu 30, a vu son live Facebook être interrompu brutalement par un «badaud» qui, profitant de la cacophonie, lui a ravi son téléphone.

Le chef de la Police à Kinshasa, le commissaire divisionnaire adjoint SylvanoKasongo a relevé plusieurs blessés parmi les agents de l’ordre. Pendant que la Police dispersait à coups de gaz lacrymogènes les manifestants qui voulaient se rapprocher du Palais du peuple, ces derniers ripostaient par des projectiles.

A Lubumbashi, des témoins ont signalé des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants. Les responsables locaux de l’UDPS ont accusé les militants du PPRD d’avoir brûlé 20 motos des wewas -motocyclistes- proches du parti présidentiel. Le porte-parole du PPRD/Lubumabshi a rejeté cette accusation.   

Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a déclaré que trois membres du parti ont été tués pendant ces manifestations contre l’entérinement de Ronsard MalondaNgimbi, désigné président de la CENI par les Confessions religieuses autres que l’Eglise catholique et l’ECC, qui ont dénoncé l’existence d’un faux PV de désignation et appelé la population à manifester. Kabuya a laissé entendre que l’UDPS va réclamer le départ du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, issu de leurs rangs. «Ils ont déjà tué trois personnes parmi nous. Mais pour ne pas occasionner un bain de sang, nous disons, en tant que parti au pouvoir, nous allons réclamer le départ du ministre de l’Intérieur, membre de l’UDPS», a dit Augustin Kabuya, demandant aux manifestants de retourner à leur base, à Limete, pour un message fort.

Selon les proches de Jean-Marc Kabund, l’UDPS a donné 48 heures à l’Assemblée nationale pour retirer la confiance à Ronsard Malonda avant d’éventuels pourparlers avec le FCC.

Au nom de l’Association ACAJ, Georges Kapiamba a condamné la répression violente des manifestations de ce jeudi par les forces de l’ordre ainsi que les actes de vandalisme commis par certains manifestants. Il a aussi exigé une enquête judiciaire crédible et des sanctions exemplaires.   

KISUNGU KAS

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