
Les récentes déclarations d’Augustin Kabuya, Secrétaire général de l’UDPS, affirmant avoir été volontairement écarté de la gestion de la crise institutionnelle au Kasaï Central par le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, relèvent davantage de la désinformation que d’un constat objectif. Les faits parlent d’eux-mêmes.
Des sources proches du dossier font mentir Kabuya. Elles affirment que la réunion du 5 juillet 2025, tenue au cabinet du VPM Shabani, visait plutôt à désamorcer les tensions persistantes au sein de l’Assemblée provinciale du Kasaï Central.
Cette rencontre n’était nullement destinée à exclure qui que ce soit, mais à rassembler les acteurs politiques directement concernés par la situation -à savoir, les députés et leaders politiques élus du Kasaï Central. Augustin Kabuya, dont le fief électoral se situe à Mont-Amba -dans la ville de Kinshasa-, n’était donc pas convié, en toute logique, à ce cadre de concertation ciblé.
Pour représenter valablement l’UDPS, le professeur Jean-Claude Tshilumbayi, député national élu du Kasaï Central et premier vice-président de l’Assemblée nationale -poste réservé à l’UDPS-, a pris part aux échanges. Sa présence s’inscrivait dans une démarche institutionnelle éprouvée, déjà utilisée par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur lors de crises similaires au Sud-Ubangi et au Sankuru, où seuls les élus des provinces concernées avaient été associés aux discussions.
Une polémique contre-productive
«La sortie publique d’Augustin Kabuya, accusant implicitement ses propres camarades de parti d’illégitimité ou d’usurpation, jette une ombre regrettable sur l’image de l’UDPS. Elle fragilise surtout l’autorité politique du parti du Président Félix Tshisekedi au moment où la stabilité provinciale exige unité et responsabilité», soutient un cadre expérimenté de la territoriale.
Lors d’une rencontre avec la base de l’UDPS à Kinshasa, le dimanche 6 juillet, Augustin Kabuya est allé plus loin, interdisant formellement à Jean-Claude Tshilumbayi toute implication dans les affaires politiques de la ville de Kananga. Il a rappelé que le gouverneur en poste, issu de l’UDPS, devait exercer ses fonctions en toute indépendance, sans «influence parlementaire », même venue d’un cadre de haut rang.
Dans le même souffle, il a mis en garde Tshilumbayi contre toute tentative «d’ingérence» dans la gestion interne du parti, l’invitant à se concentrer exclusivement sur ses fonctions à l’Assemblée nationale.
Le VPM Shabani Lukoo a lui aussi été ciblé, accusé par Kabuya de mépriser les structures établies du parti et de compromettre, de ce fait, sa cohésion interne.
Au-delà des egos, l’urgence d’une stabilité durable
L’heure n’est pourtant ni aux rivalités internes ni aux procès d’intention. Le Kasaï Central traverse une période délicate qui exige de tous les cadres politiques un sens élevé des
responsabilités.
Ce cadre de la territoriale est d’avis que la récupération partisane des tensions institutionnelles, au détriment de la cohérence et de l’efficacité, ne saurait être une réponse viable. «La légitimité politique ne se mesure ni à la hiérarchie dans le parti ni à la proximité avec le pouvoir central, mais à la pertinence de l’engagement sur le terrain», dit-il avant de conclure: «Dans cette crise, seule une approche inclusive et rationnelle permettra de restaurer la stabilité dans la province et d’éviter une instrumentalisation politique aux conséquences potentiellement durables».
