
Le retour du trafic ferroviaire urbain à Kinshasa suscite un débat, quatre jours après la mise en service d’un nouveau train bleu le 30 juin, jour de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance. Les visuels officiels montrent un matériel rénové, avec des wagons aux sièges bien couverts. Visité par le président de la République Félix Tshisekedi et son épouse à la Gare centrale, le projet est présenté par le ministère des Transports comme la relance d’une ligne interrompue depuis 15 ans et une étape de modernisation du transport en commun dans la capitale. Mais des vidéos et photos diffusées en ligne montrent un autre visage: des voies ferrées envahies de déchets et de végétation, traversant des quartiers populaires où de nombreux habitants, dont des enfants, se massent au passage du train.
Ces contenus mettent le ministère des Transports et l’ONATRA SA face aux critiques. De nombreux internautes dénoncent les risques pris en embarquant à bord du train le président de la République et la Première Dame, le président de l’Assemblée nationale, le speaker du Sénat, la Première ministre, ainsi que des responsables des services de renseignement, sur «des rails d’un autre âge». Les prises de vue sont sans équivoque: absence de quai, voie non clôturée et non surélevée, berge érodée, avec des habitations en tôle situées parfois à moins de deux mètres du chemin de fer.
Elles posent directement la question de la sécurité des infrastructures ferroviaires et des passagers, alors que le train circule sans séparation physique avec les zones d’habitation. Ces séquences relancent aussi la question de l’adéquation entre la communication officielle sur l’«innovation» et l’état réel d’infrastructures ferroviaires datant de plusieurs décennies.
Longue de 25 kilomètres, cette ligne doit relier la Gare Centrale à l’aéroport international de N’Djili en 45 minutes, selon le ministère des Transports. L’exploitation commerciale doit débuter très prochainement.
