
La République Démocratique du Congo est en train de franchir un nouveau palier dans sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Jeudi 19 mars 2026, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a présidé une réunion stratégique de la Task-Force du Comité de pilotage chargée du suivi du plan d’actions issu du GAFI. Objectif affiché: quitter la fameuse «liste grise» et restaurer la crédibilité financière du pays.
La réunion, à haut niveau, a rassemblé la crème des acteurs institutionnels: le ministre d’État, ministre de la Justice Guillaume Ngefa, la vice-ministre des Finances Gracia Yamba, le gouverneur de la Banque centrale du Congo André Wamesso, et les responsables des services spécialisés -CENAREF, ARCA, FOLUCCO, COLUB, UNICEP. Bilan: sur les 23 mesures prioritaires exigées par le GAFI, 20 sont déjà intégralement exécutées, soit un taux d’exécution proche de 90 % salué par Doudou Fwamba. «La sortie de la liste grise est un objectif stratégique, au croisement de la restauration de notre crédibilité financière internationale et de l’amélioration du climat des affaires», a déclaré l’argentier national, soulignant que le chantier ne se limite pas à une opération cosmétique, mais vise à transformer durablement le système financier national.
Les échanges ont permis d’apprécier l’efficacité opérationnelle du dispositif congolais: renforcement du cadre législatif -notamment la loi n°25/048 du 1er juillet-, multiplication des enquêtes et poursuites en matière de blanchiment, et intensification des contrôles basés sur les risques par les autorités de supervision, en particulier la BCC et l’ARCA.
Trois actions résiduelles restent à convaincre le GAFI: elles concernent l’effectivité des sanctions et le renforcement des contrôles opérationnels. La RDC se prépare à plaider sa cause lors de l’examen en face-à-face prévu en Namibie en avril prochain.
Parallèlement, le Gouvernement a annoncé deux jalons porteurs d’ambitions internationales: l’adhésion au Groupe Egmont, prévue en juin 2026, qui ouvrira l’échange sécurisé de renseignements financiers, et l’intégration à l’ESAAMLG, qui consolidera la stature régionale de la République Démocratique du Congo en matière de lutte anti-blanchiment. Pour éviter tout retour en arrière, Doudou Fwamba a demandé l’élaboration urgente d’un plan d’actions post-ICRG destiné à pérenniser les réformes et à maintenir l’attractivité du pays pour les investissements directs étrangers. À l’heure où Kinshasa s’emploie à tourner la page de la liste grise, le message est clair: la transformation engagée est irréversible et vise à inscrire le pays dans une nouvelle trajectoire de transparence et de confiance internationale.

