
L’espace médiatique congolais est secoué actuellement par une plainte à charge du Directeur général et Directeur de la publication du trihebdomadaire AfricaNews, Achille Kadima Mulamba, et deux de ses collaborateurs. La plainte déposée au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe est l’oeuvre de François Muamba Tshishimbi, coordonnateur national du CPVS -Conseil présidentiel de veille stratégique-, structure relevant du cabinet du Président de la République.
Sur le site web d’ACOPRIM
À la base: la publication du rapport du CPVS d’août 2025 faisant état des irrégularités constatées dans la gestion du projet de 1.000 logements sociaux initié par le chef de l’Etat à Mukilango, dans la périphérie de Kinshasa.
Ce rapport met en cause le député Nicolas Kazadi, à l’époque ministre des Finances. Il y est question d’attribution d’un marché de gré à gré d’un montant de 57,48 millions de dollars à la société MILVEST. Il ressort de ce rapport que 54,5 millions de dollars ont été décaissés «sans qu’aucune maison n’ait été livrée, malgré une exécution physique de seulement 27 %».
Avant de savoir si ce document est réellement du CPVS et revêt un caractère secret ou pas, il y a lieu de rappeler la genèse du projet.
Sur le site Web d’ACOPRIM -Agence Congolaise de Promotion Immobilière- relevant du ministère de l’Urbanisme et Habitat, l’information donnée est la suivante: «En décembre 2022, des pluies diluviennes se sont abattues dans la capitale congolaise – Kinshasa et ont causé plusieurs dégâts dans la ville notamment plusieurs maisons emportées dans le quartier Matadi Kibala dans la commune de Mont Ngafula. Après s’être rendu au chevet des sinistrés, le Président de la République a instruit le ministère de l’Urbanisme et Habitat d’élaborer, en mode d’urgence, un projet de construction de maisons en vue de reloger les sinistrés.
Après que l’Avant-Projet Sommaire -APS- a été élaboré par la Cellule Technique des Projets de Développement Urbain, CT-PDU, l’heure était venue pour la préparation et la signature du contrat des travaux. C’est ainsi qu’en juillet 2023, le contrat fut signé entre le Gouvernement congolais, représenté par le ministère des Finance et le ministère de l’Urbanisme et l’Habitat, et l’entreprise Milvest désignée pour exécuter les travaux.
Ce contrat est de type «clé en main»; c’est-à-dire le titulaire est responsable de la conception et de l’exécution des travaux jusqu’à la livraison des infrastructures prêt à être utilisées».
Autre chose que le triomphe de la vérité!
Dans son rapport daté d’août 2025 – soit presque 3 ans après -, le CPVS fait le constat du blocage pour ne pas dire de l’échec du chantier. Avec pour maître d’ouvrage le ministère de l’Urbanisme et Habitat, pour maître d’ouvrage-délégué l’Acoprim, pour maître d’Œuvre Associé la Cellule Technique des Projets de Développement Urbain, pour entreprise MILVEST, pour Financement le Trésor public et pour Contrôleur financier le FONHAB -Fonds National de l’Habitat-, ce projet avait un timing précis de réalisation : 7 mois!
La question, à partir de ces éléments, est de savoir qu’est-ce que le CPVS est allé faire dans ce dossier qui, en toute logique, ne le concerne pas!
À supposer qu’il l’ait fait par devoir de vigilance en tant que Conseil présidentiel de veille stratégique, -car « veille stratégique permet de détecter des signaux faibles dans l’environnement externe » selon le dictionnaire- , il est bon de s’interroger sur ces deux évidences :
-premièrement, si François Muamba a saisi la Direction du cabinet du Président de la République pour des investigations à mener dès lors que celles-ci devaient absolument donner lieu à un rapport ayant toutes les chances d’être rendu public via les médias ou autres moyens et
-deuxièmement, si François Muamba a approché d’abord le ministère de l’Urbanisme et Habitat en tant que maître d’ouvrage du projet pour pouvoir apporter la bonne information à la hiérarchie.
En attendant, le site Web du CPVS reprend en bonne position les piliers 3 et 4 de la Vision du Président de la République pour le Quinquennat 2023-2028. Le pilier 3 consiste à «consolider la démocratie» tandis que le pilier 4 à «restaurer l’État de droit et son autorité».
En attendant, le site du CPVS met en avant les piliers 3 et 4 de la Vision du Président de la République pour le quinquennat 2023-2028. Le pilier 3 vise à « consolider la démocratie », tandis que le pilier 4 promeut « la restauration de l’État de droit et de son autorité ». Si, dans la publication de ce rapport visant principalement le député national Nicolas Kazadi, le journal AfricaNews a enfreint l’un de ces piliers, il incombera à l’accusation de le prouver. Car l’accusé est en mesure de justifier et de démontrer le contraire, ayant agi selon les normes déontologiques et éthiques en se basant sur un rapport qui, semble-t-il, avait un objectif différent de celui de la vérité !
ONDL/AfricaNews

