
Le coordonnateur national du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation -P-DDRCS-, Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, a, dans un briefing spécial qu’il a co-animé le lundi 9 mars avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, axé l’essentiel de sa communication sur les réalisations du P-DDRCS depuis son arrivée à sa tête. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, le ministre Muyaya a, dans son introduction, souligné avec l’emphase requise le caractère central du thème du jour, à savoir: «Focus sur les enjeux et réalisations du P-DDRCS».
Il a indiqué qu’il s’agit d’un sujet sur lequel le gouvernement travaille activement pour le retour de la paix dans l’Est du pays. Dans ses propos introductifs, l’invité du briefing est parti du constat que la RD-Congo fait face à une crise qui dure depuis plusieurs années et que ce programme est né de la volonté du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi de ramener la paix dans cette partie de la République. «Depuis que nous sommes arrivés à la tête de ce programme, nous avons réalisé beaucoup de choses», a déclaré Jean de Dieu Désiré Ntanga.
Il a précisé que son programme qui opère dans cinq provinces du pays, mais qui s’étend également entre Maluku et Maï-Ndombe avec le phénomène Mobondo, a déjà réussi à démobiliser 5 000 combattants. Ces derniers sont actuellement dans un processus d’insertion dans la vie communautaire, après avoir reçu une formation professionnelle de base, selon les aptitudes de chacun. Il a également évoqué la collaboration avec le ministère de la Formation professionnelle afin de faciliter cette insertion. Les démobilisés, une fois formés, reçoivent un certificat de fin de formation qui leur ouvre les portes de l’emploi.
À cela s’ajoute que le P-DDRCS a saisi 1 000 armes de guerre, sans compter les flèches empoisonnées et autres armes blanches qui n’ont pas été comptabilisées. Sur cette liste figurent également 5 000 munitions de guerre saisies à travers ces provinces. «S’agissant de la province du Nord-Kivu, nous avons 838 combattants démobilisés grâce à une approche communautaire», a-t-il indiqué. Quant à Maï-Ndombe, 151 Mobondo ont déjà déposé les armes, a-t-il informé.
En termes de stratégie, grâce aux moyens mis à la disposition de ce programme par le gouvernement central, les responsables recrutent des personnes issues de la même communauté que les combattants et/ou leurs proches parents. Celles-ci expliquent ensuite le bien-fondé du programme avant d’être envoyées sur le terrain pour mener des actions de sensibilisation.
Cohésion sociale
«Grâce à ce programme, nous arrivons à mettre les gens ensemble, indépendamment de leurs appartenances ethniques, afin qu’ils travaillent autour d’un élément fédérateur», a déclaré le coordonnateur. Et d’ajouter: «notre souci est de faire en sorte que les démobilisés soient absorbés par la société».
Selon lui, ce programme a également pour finalité de transformer les zones post-conflit en espaces de vie communautaire, en instaurant le vivre-ensemble et des conditions favorables au renforcement de la cohésion sociale. Cela passe indubitablement par la résolution préalable des conflits communautaires. Et tout cela se fait sans bénéficier du moindre concours d’un partenaire extérieur.
«Une situation qui l’a conduit à vanter ce système, allant jusqu’à affirmer qu’il n’en existe pas de semblable en Afrique, car les partenaires ne nous aident pas», a-t-il déclaré sur un ton sec. À cet effet, il n’a pas tari d’éloges à l’endroit du gouvernement pour la prise en charge totale de la mission dévolue à ce programme, conformément à la vision du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi.


