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Tripartiite CNSA-Gouvernement-CENI: Olenghankoy, Tshibala et Nangaa devant leurs responsabilités

Après plusieurs tergiversations, la Tripartite CNSA-CENI-Gouvernement a ouvert ses portes jeudi 5 juillet 2018  à Kinshasa. Les présidents des institutions concernées avec leurs experts y prennent part. Il s’agit de Joseph Olenghankoy, Bruno Tshibala et Corneille Nangaa, respectivement président du Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 -CNSA-, Premier ministre et président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI. Une tripartite qui se tient à un moment très crucial, sur fond des divergences entre les parties prenantes au processus électoral avec notamment le manque du consensus sur la machine à voter et la décrispation politique. Le président de la CENI a toujours insisté sur le fait que «sans la machine à voter, il n’y aura pas d’élections en décembre 2018». L’utilisation de cette machine est rejetée par l’Opposition qui accuse la CENI de jouer le jeu de la Majorité présidentielle -MP- et a qualifié et continue à qualifier cet outil de «machine à tricher insérée dans le processus en violation de la Constitution et de la loi électorale». Au sujet de la machine à voter, les présidents du CNSA et de la CENI ne parlent pas le même langage. Olenghankoy a dit sans ambages que Nangaa n’a pas obtenu un consensus tel qu’exigé par l’Accord sur un tel cas. L’avenir du processus électoral est lié aux résolutions qui seront arrêtées à l’issue de cette tripartite, organisée au lendemain de la convocation de l’électorat par la CENI.
 
L’évolution du processus électoral en RD-Congo est parsemée des divergences entre les parties prenantes. L’Opposition politique menace de boycotter le vote pendant que la Majorité présidentielle -MP- y tient mordicus. Entretemps, entre le Conseil national de suivi de l’Accord -CNSA- et la Centrale électorale, il y a également des divergences remarquables. Et pour cause: Joseph Olenghankoy, président du CNSA, avait déclaré que le président de la CENI, Corneille Nangaa, a convoqué l’électorat dans la précipitation, car le consensus n’est pas encore trouvé autour de la machine à voter entre les parties prenantes au processus électoral.
Autres divergences paraissent dans la convocation de la tripartite. Le leader du Rassemblement Kasa-Vubu tenait coûte que coûte à être le convocateur de cette tripartite et il n’était prêt à participer à une tripartite convoquée soit par le gouvernement soit par la CENI.
Au finish, une Tripartite CNSA-CENI-Gouvernement a été ouverte à Kinshasa jeudi 5 juillet 2018. Les présidents des institutions concernées avec leurs experts y prennent part. Dans cette logique, le président Joseph Olenghankoy a ouvert les travaux en plaidant pour un consensus politique au sujet de la machine à voter. Il a invité tous les participants à ces assises «à proposer des solutions au peuple» pour des élections crédibles et apaisées. Plusieurs questions cruciales qui divisent la classe socio-politique RD-congolaise sont à l’ordre du jour. Il s’agit entre autres de la machine à voter, de la décrispation politique et du remboursement de la caution payée en 2015 par les partis politiques pour des élections provinciales qui n’avaient plus été organisées. Déjà, le 29 juin 2018, le CNSA avait lancé un appel à toute personne ayant des preuves sur le caractère dangereux de la machine à voter à lui en faire part.
Le président du CNSA a, dans son mot d’ouverture de la tripartite, donné des grandes lignes de ce que l’on attend de cette rencontre. «Les participants aux présentes assises sont appelés à examiner et proposer des solutions à notre peuple. L’absence du consensus politique autour de la machine à voter, l’existence des 16% d’enrôlés sans empreintes digitales, non libération de certains prisonniers d’opinions et amnistiés, le règlement non satisfaisant de la caution payée depuis 2015 pour des élections législatives provinciales», a listé Olenghankoy.
Actuellement, la machine à voter proposée par la CENI ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique RD-congolaise. Les opposants, notamment les Tshisekedistes et les Katumbistes appuyés par une partie de la Société civile, souhaitent que les élections puissent se tenir sans cette machine, car ils redoutent des manœuvres de tricherie et de fraude massive en faveur de la Majorité au pouvoir.  Pour sa part, la Majorité présidentielle -MP- estime que cette machine à voter n’aura aucune incidence sur la fraude ou la tricherie. Elle pense que l’Opposition chercherait le report des élections en rejetant cet outil. Elle épouse la thèse de la CENI. Pour le pouvoir organisateur, «sans machine à voter, il n’y aura pas d’élections en décembre 2018». La tripartite est invitée à trancher. Ce n’est pas tout. Joseph Olenghankoy Mukundji a également le dossier du rapatriement de la dépouille de feu Etienne Tshisekedi. «A ces différentes préoccupations, je voudrais ajouter la question du rapatriement sur le sol de ses ancêtres de la dépouille du feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, ce digne fils du pays qui mérite des obsèques nationales à la hauteur de son œuvre politique en faveur de la démocratie dans notre pays. C’est ici l’occasion d’exhorter le gouvernement de la République à matérialiser le plus rapidement possible ce vœu maintes fois émis par le Président de la République, Chef de l’Etat», a-t-il souligné.
Les travaux, ouverts en présence du président de la CENI, Corneille Nangaa, et du vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi, vont durer trois jours et permettront aux participants d’évaluer l’état d’avancement du processus électoral en RD-Congo. Pour ce faire, deux commissions ont été créées pour réfléchir sur  toutes les questions inscrites à l’ordre du jour.
D’aucuns pensent que les chefs des instituions qui prennent part à cette tripartite sont mis devant leurs responsabilités, car l’avenir du processus électoral en cours est lié aux résolutions qui y seront convenues. La tâche n’est pas facile du fait que le Conseil national de suivi de l’accord et du suivi du processus électoral -CNSA- n’avait pas participé à la Tripartite CNSA-CENI-Gouvernement organisée lundi 28 mai dernier au ministère de l’Intérieur. Le CNSA avait promis la «vraie Tripartite», celle en cours, estimant que le gouvernement Tshibala n’est pas qualifié pour convoquer cette réunion d’évaluation du processus électoral.
C’est ainsi que le rapporteur du CNSA, Valentin Vangi, avait  appelé au respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre. «L’accord a recommandé au CNSA de s’acquitter de son devoir d’organiser des évaluations du processus électoral au moins une fois tous les deux mois. Donc, en toute logique, c’est la personne qui évalue qui doit convoquer -la rencontre-; pas celle qu’on doit évaluer», avait-il dit. On y est aujourd’hui.
Octave MUKENDI

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