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Nairobi: Kinshasa exige la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU

Le Président de la RD-Congo Félix-Antoine Tshisekedi a appelé à une refondation en profondeur de la gouvernance mondiale lors de la session plénière de haut niveau consacrée aux enjeux de paix et de sécurité en Afrique, organisée en marge de l’Africa Forward Summit à Nairobi.

Devant les chefs de délégation et les partenaires internationaux, Félix-Antoine Tshisekedi a souligné que l’architecture multilatérale actuelle ne répond plus aux défis du XXIème siècle. «Le multilatéralisme ne peut plus être un vestige du passé, mais doit devenir le reflet du présent», a affirmé le chef de la délégation RD-congolaise, insistant sur la nécessité d’un système juste, inclusif et efficace.

Réforme du Conseil de sécurité et fin de l’impunité

La RD-Congo a porté avec fermeté la revendication africaine d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle plaide pour le passage d’une «gouvernance d’héritage» à une «gouvernance d’équité», estimant que l’élargissement du Conseil n’est pas une faveur accordée à l’Afrique, mais une condition de survie pour la légitimité même du système onusien.

Kinshasa s’appuie sur le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, qui traduisent «le cri d’unité d’un continent» réclamant deux sièges permanents avec tous les privilèges y afférents, y compris le droit de veto tant que ce mécanisme existera. La RD-Congo a également rompu le silence sur les atrocités de masse subies depuis trente ans, liées à l’agression rwandaise.

Le Président Tshisekedi a averti que la Communauté internationale ne peut plus rester paralysée face aux crimes de guerre et aux génocides. Il soutient l’idée d’une limitation de l’usage du droit de veto dans ces situations extrêmes. «Le droit de veto doit protéger la paix, pas l’impunité», a martelé Félix Tshisekedi, appelant à une responsabilité collective face aux violations massives des droits humains.

Santé et climat: la RD-Congo s’affirme comme «pays-solutions»

Dans le panel dédié au renforcement et au financement des systèmes de santé, la RD-Congo a présenté les réformes structurantes engagées sous le leadership du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Le pays met en avant la Couverture santé universelle, avec un investissement de plus de 42 millions de dollars, la Taxe de promotion de la santé -TPS-, censée mobiliser au minimum 150 millions de dollars, et l’Assurance maladie obligatoire financée par une contribution solidaire de 2,5% sur les salaires. Ces mesures visent à transformer le système sanitaire RD-congolais en passant d’un modèle «assisté» à un modèle «financé souverainement».

L’objectif est d’assurer un accès équitable aux soins pour la population tout en réduisant la dépendance à l’aide extérieure. Sur l’environnement, la RD-Congo a réaffirmé son statut de «pays-solutions» face aux défis climatiques mondiaux. Elle dispose du deuxième massif forestier tropical au monde et des plus vastes tourbières, véritables puits de carbone indispensables à la régulation climatique. La RD-Congo se positionne également comme un acteur clé de la transition énergétique mondiale grâce à ses minerais critiques indispensables aux technologies vertes et à son potentiel hydroélectrique unique sur le continent.

«Cette vocation n’est pas un slogan. C’est une responsabilité», a souligné la délégation, appelant à des partenariats équitables qui valorisent ces ressources au bénéfice des populations RD-congolaises et de la planète. À Nairobi, Kinshasa a ainsi lié étroitement paix, santé et climat, estimant que la stabilité en Afrique et dans le monde passe par une gouvernance mondiale réformée, des investissements souverains dans les services sociaux et une reconnaissance du rôle central des pays riches en ressources naturelles dans la transition écologique.

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