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Muyaya: «Comparer l’armée RD-congolaise à un groupe terroriste est une fausse symétrie»

Le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, a rappelé, mardi 9 septembre, l’importance de la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour briser l’impunité et rendre justice aux victimes des atrocités dans l’Est de la RD-Congo. Mettant la communauté internationale devant ses responsabilités, le speaker du gouvernement a plaidé pour le décaissement prioritaire des moyens pour cette fin. Selon lui, le Conseil des droits de l’homme devrait mener cette action de manière rapide et ferme. 

Pas de confusion entre FARDC et FDLR

Présent à Genève pour participer à la 60ème session du Conseil des Nations Unies aux droits de l’Homme, Muyaya a rappelé que les espoirs de paix et de réconciliation ne sauraient aboutir dans ce contexte d’occupation de l’armée rwandaise qui continue d’appuyer sa brigade avancée, le M23, pour perpétrer des crimes.   Alors que certains acteurs internationaux évoquent encore un supposé rapprochement entre les Forces armées de la RD-Congo -FARDC- et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda -FDLR-, Kinshasa a profité de la tribune de Genève pour clarifier les choses.

«Les FARDC sont une armée nationale et républicaine, soumise au droit international. Il n’existe aucun lien de commandement ni d’alliance politique avec les FDLR», a expliqué Patrick Muyaya, démontant en même temps une partie des conclusions de la Mission d’établissement des faits du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.

Muyaya s’est montré cinglant: «toute accusation de collusion est infondée et injuste». Dans sa posture, le gouvernement RD-congolais s’oppose à toute complicité ou tentative de coopération avec des groupes armés étrangers, allant jusqu’à prendre «des mesures disciplinaires et judiciaires» contre les militaires soupçonnés de dérapage.

De ce fait, Muyaya dénonce une «fausse symétrie inacceptable» entre l’armée RD-congolaise et les groupes armés. «Comparer une armée nationale, redevable de ses actes et défendant la souveraineté du pays, avec un groupe subversif qui vit de la terreur, des crimes de masse et de l’exploitation illégale des ressources naturelles est inapproprié», a-t-il souligné.

La voix de la RD-Congo à Genève s’inscrit dans une bataille plus large: celle de la reconnaissance des crimes commis contre les populations RD-congolaises, et de la mise en place de mécanismes crédibles pour mettre fin à l’impunité. Pour Patrick Muyaya et son collègue des Droits humains, Samuel Mbemba, qui intervenait également à Genève, l’objectif est double: obtenir justice pour les victimes, et restaurer la dignité d’un peuple meurtri par des décennies de violences importées. 

Avec Agences

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