
Le feuilleton politique autour de la mairie de Lubumbashi vient de connaître son épilogue. Lundi 1er septembre 2025, le Conseil d’État a tranché en réinstallant Joyce Tunda Kazadi comme maire intérimaire de la capitale cuprifère. Une cérémonie brève mais solennelle, organisée sous l’œil vigilant des huissiers de justice, a marqué ce retour au sommet de l’exécutif urbain. Cette décision met un terme aux contestations qui secouaient la gestion de la deuxième ville du pays depuis plusieurs mois.
Le Conseil d’État a en effet suspendu l’arrêté ministériel ayant nommé un nouveau maire et a ordonné l’exécution immédiate de son jugement. Selon l’acte judiciaire ROR 1308, «toutes les procédures légales avaient été respectées, du dépôt de l’ordonnance jusqu’à l’installation officielle», a confirmé l’huissier en charge de l’opération.
En pratique, la haute juridiction administrative a rétabli la légitimité de Joyce Tunda, rappelant que son autorité à la tête de la mairie ne pouvait être remise en cause que dans le strict respect des textes. Ce retour symbolise, pour beaucoup, la primauté du droit sur les rivalités politiques locales. Derrière cette réhabilitation se joue également une question plus large: celle de la stabilité institutionnelle dans les entités territoriales décentralisées. En redonnant ses prérogatives à l’ancienne patronne de la ville, le Conseil d’État entend «réaffirmer le principe de l’État de droit dans la gestion des entités locales».
Un signal fort, selon les observateurs, à l’attention de l’administration RD-congolaise. À Lubumbashi, les réactions sont partagées. Pour certains, le retour de Joyce Tunda ouvre une nouvelle phase de la gouvernance municipale. Pour d’autres, il s’agit surtout d’une bataille judiciaire gagnée, qui laisse planer des incertitudes sur la stabilité politique de la ville. Quoi qu’il en soit, la maire intérimaire retrouve son fauteuil avec un défi majeur: assurer la continuité des réformes urbaines amorcées sous son premier mandat et rétablir la confiance avec une population lassée par les querelles institutionnelles.
Siméon TUENDELE
