RDC : Pour Lokondo, la 4ème prorogation de l’état d’urgence va retarder la clôture de la Session ordinaire de mars à l’Assemblée nationale

La prorogation de l’état d’urgence sanitaire de 15 jours a été adoptée, le week-end denier, par l’Assemblée nationale et le Sénat. En bon visionnaire, le député Henri-Thomas Lokondo estime que cette 4ème prorogation va retarder la clôture de la Session ordinaire de mars, constitutionnellement prévue pour le 15 juin. «Comme on a prorogé encore de 15 jours l’état d’urgence et comme nous devons arrêter le travail le 15 juin, selon la Constitution, cela veut dire que l’article 144, alinéa 3, va fonctionner et que la clôture de la session sera retardée», a souligné Henri-Thomas Lokondo du haut de la tribune de l’Assemblée nationale. Et d’expliquer très clairement: «l’alinéa 3 de l’article 144 de notre Constitution dit que la clôture de la Session ordinaire ou extraordinaire est de droit retardée pour permettre le cas échéant l’application de la disposition relative à l’état d’urgence. C’est automatique. Il n’y aura pas clôture le 15 juin».

Pour l’élu de Mbandaka, le Parlement va continuer de travailler normalement jusque quand le gouvernement va demander une autre prorogation au cas où la situation sanitaire liée à la Covid-19 continue d’inquiéter. «Nous allons travailler comme d’habitude. En fait, nous attendrons que le gouvernement nous demande une autre prorogation pour que nous puissions l’accorder. Il est vrai que comme nous irons en vacances, on pourra changer la disposition pour dire qu’on accepte pour les 15 jours successifs ou carrément dire qu’on termine l’état d’urgence et on reste avec les mesures réglementaires prises dans le cadre de la sensibilisation de la population sur les gestes barrières et autres mesures d’hygiène à prendre pour lutter contre la propagation de Coronavirus», a-t-il martelé. Et de renchérir: «dans tous les cas, nous devrons lever une option. Soit, on prendra une loi qui va lever l’état d’urgence pour rester avec les mesures réglementaires, soit on va changer la disposition devant nous permettre d’accepter les 15 jours successifs. Voilà».

Devant les pupitres, Lokondo a pratiquement rejoint ses collègues qui jugent nécessaire et urgent de s’arrêter un moment pour évaluer l’exécution de cet état d’urgence sanitaire. Y compris surtout le confinement. «On doit aller jusqu’où bon Dieu! Non. Nous devons nous arrêter pour faire une évaluation globale tant sur les options sécuritaires, économiques, sociales, etc. A voir la manière dont les choses se passent maintenant, nous devons avoir le courage de reconnaître que nous sommes dans la récession sans le savoir. Et la pauvreté va s’accentuer avec le risque de provoquer d’autres épidémies. Il faut qu’on soit réaliste devant les faits économiques et sociaux qui sont souvent têtus», a prévenu l’élu de Mbandaka, où l’épidémie d’Ebola a ressurgi.      

Dorian KISIMBA