
À Kinshasa, une nouvelle génération d’experts en santé publique est en passe de boucler son cycle de formation. Depuis le mardi 17 mars 2026, 51 étudiants, dont 38 inscrits au master Écologie des maladies infectieuses, aléas naturels et gestion des risques -ECOM-ALGER- et 13 au master Écologie et gouvernance des maladies infectieuses -ECOGM-, défendent leurs mémoires à l’amphithéâtre de l’Institut national de recherche biomédicale.
Tous ont été formés à l’Institut One Health pour l’Afrique. Pour Bien-Aimé Mandja, représentant de l’Institut national de santé publique, la spécificité de cette formation repose sur une approche écologique et systémique inspirée du concept One Health, adaptée aux réalités africaines, une démarche qu’il juge essentielle face aux épidémies récurrentes dans le pays.
«L’INOHA a pour particularité de renforcer les compétences des apprenants en leur transmettant des approches écologiques et systémiques, basées sur le concept One Health adapté à l’Afrique. Ces approches sont devenues incontournables pour la résolution des épidémies qui affectent notre pays. Depuis près de onze ans, le programme de master est en place; nous en sommes aujourd’hui à la 11ème promotion. Les apprenants ont bénéficié d’abord d’une solide formation théorique, puis d’un stage pratique, leur permettant de mettre en œuvre les connaissances acquises», a-t-il expliqué.
Intervenant également, le Dr Delphin Antwisi, délégué de l’UG-PDSS, a mis en avant la pertinence des thématiques abordées par les étudiants. Selon lui, l’écologie des maladies, la gestion des aléas naturels et la gouvernance des risques constituent des enjeux majeurs du siècle.
«Aux apprenants et chercheurs, les thématiques que vous avez explorées -qu’il s’agisse de l’écologie des maladies, de la gestion des aléas naturels ou de la gouvernance des risques- sont au cœur des défis de notre siècle. En franchissant l’étape de la défense du mémoire, vous ne validez pas seulement un diplôme: vous rejoignez une force d’intervention intellectuelle capable de comprendre que la santé humaine est indissociable de la santé animale et de la préservation de notre environnement. Je tiens à saluer la rigueur de l’encadrement académique de l’Université de Kinshasa -UK- à travers l’INOHA, ainsi que l’accueil de l’Institut national de recherche biomédicale -INRB-, qui font de ce cadre un pôle d’excellence régional. Que vos travaux contribuent réellement à la résilience de notre système de santé, tout en abordant les problèmes concrets de notre société», a-t-il souligné.
Du côté de l’équipe pédagogique, le Dr Thérèse Tshibola fait état d’une diversité de thématiques traitées dès le premier jour. Douze travaux ont été présentés, portant sur des pathologies infectieuses observées dans différents environnements, notamment en milieux carcéraux et dans certains quartiers de Kinshasa.
«Aujourd’hui, nous avons lancé la session de défense des mémoires. Comme chaque fin d’année académique, les étudiants présentent leurs travaux devant un jury composé de professeurs, non seulement de la République démocratique du Congo, mais aussi d’autres pays partenaires. Douze présentations ont eu lieu, portant sur des thématiques liées aux pathologies infectieuses rencontrées dans différents milieux: certaines recherches ont été menées dans des centres pénitentiaires, d’autres dans des quartiers spécifiques de Kinshasa. Des études ont également porté sur les violences sexuelles, notamment dans le quartier de Pakadjuma, mais aussi dans l’Est du pays, une région marquée par les conflits armés. Ces thématiques sont riches et essentielles, car elles reflètent les réalités sanitaires de notre société et nécessitent une expertise scientifique pour proposer des solutions. Après chaque défense, les membres du jury formulent des remarques. Celles-ci sont ensuite reprises lors d’une session de restitution, afin que les étudiants puissent les intégrer et améliorer leurs travaux de recherche, qui serviront de référence à l’avenir», a-t-elle détaillé.
Ces soutenances qui interviennent à la fin de l’année académique 2024-2025, s’inscrivent dans une dynamique de renforcement des capacités nationales en matière de gestion des maladies infectieuses et des risques sanitaires, avec l’appui de plusieurs partenaires engagés dans la formation scientifique. Les soutenances se poursuivront jusqu’au vendredi 20 mars 2026.
