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Drame humanitaire au Kwango : 1.472 RD-congolais expulsés d’Angola survivent sans assistance officielle dans la cité de Tembo

À Tembo, dans le territoire de Kasongo-Lunda, la détresse des RD-Congolais expulsés d’Angola atteint un seuil critique. Femmes enceintes, enfants en bas âge et personnes vulnérables vivent depuis plusieurs mois sans la moindre assistance sociale structurée des autorités, ni soutien significatif des organisations humanitaires.

Selon les données communiquées, jeudi 19 février, par la société civile locale, le nombre de refoulés est passé de 500 en novembre 2025 à 1.472 en février 2026. Parmi eux, 1.025 hommes, 319 femmes, 87 filles et de nombreux enfants en bas âge. Plus alarmant encore: 28 femmes enceintes ne bénéficient d’aucun accès aux soins prénatals, dans une zone déjà marquée par la faiblesse des infrastructures sanitaires.

À Tembo, les conditions de vie sont décrites comme extrêmement précaires. Sans abri adéquat, sans nourriture suffisante ni encadrement médical, les expulsés dépendent de la solidarité limitée des villageois, eux-mêmes confrontés à la pauvreté. «Aucune aide n’est arrivée ni du gouvernement, ni des ONG. La situation est dramatique. Un réfoulé souffrant de troubles mentaux attaque les habitants faute de nourriture. Nous subissons des pillages. Le gouvernement doit agir, chaque vie compte», a alerté Jean Kajiji, président de la société civile de Tembo, dont le cri d’alarme traduit le sentiment d’abandon qui gagne la population locale. Les maigres efforts communautaires ne suffisent plus à contenir l’ampleur des besoins. La faim, la promiscuité et l’absence de prise en charge psychosociale exacerbent les tensions. Les femmes enceintes figurent parmi les plus exposées. Sans consultations prénatales ni suivi médical, elles risquent des complications graves, dans un environnement où l’accès aux structures de santé est quasi inexistant. Les enfants en bas âge, quant à eux, sont menacés par la malnutrition et les maladies. L’absence d’un dispositif officiel d’accueil et de réinsertion pose également la question de la responsabilité des pouvoirs publics face à ces citoyens RD-congolais, refoulés sans préparation ni mécanisme d’accompagnement.

Alors que le nombre d’expulsés ne cesse d’augmenter, la société civile appelle à une intervention immédiate du gouvernement central et provincial. Au-delà de l’assistance d’urgence -vivres, soins médicaux, abris-, les acteurs locaux plaident pour un plan de réintégration durable afin d’éviter que cette crise humanitaire ne dégénère davantage. Car, sur place, l’attente se prolonge. Et chaque jour sans réponse officielle aggrave la vulnérabilité de ces femmes et enfants déjà marqués par le rapatriement forcé.

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