
Matadi, janvier 2026. Sur la descente du pont Mpozo, un poids lourd a fauché plusieurs motos, tuant six personnes et blessant plusieurs autres, dont des écoliers. Alors que les secours s’affairent et que l’enquête s’ouvre, ce drame ravive une série d’accidents similaires à travers le pays: surcharge des motos, excès de vitesse et manque d’alternatives de transport exposent quotidiennement les enfants. À Bunia, Tshikapa, Aru ou Kinshasa, des familles ont payé un lourd tribut. À l’heure des réactions officielles, s’impose l’urgence d’allier contrôles, sensibilisation et solutions de mobilité pour protéger les trajets scolaires, sans délai et de manière durable.
Matadi, 9 janvier 2026. Dernier et tragique épisode en date: sur la descente du pont Mpozo, un poids lourd a percuté plusieurs motos, tuant six personnes et faisant plusieurs blessés, parmi lesquels des écoliers. Les premières informations font état d’un bilan lourd et d’un cortège de familles frappées par la violence soudaine de la route. Tandis que les secours interviennent et que l’enquête est ouverte pour établir les circonstances exactes de la collision, la scène rappelle, une fois encore, combien le trajet quotidien vers l’école peut basculer en catastrophe.
Bunia, octobre 2024. En remontant le temps, la pratique dangereuse du transport d’enfants à moto dans la ville de Bunia constitue un risque endémique. Les responsables de la police de la circulation alertent: transporter des mineurs sur des deux‑roues viole le code de la route et multiplie les dangers. Néanmoins, sur le terrain, les motards persistent, attirés par la demande et le gain immédiat.
«Le risque est tellement grand parce qu’en cas d’accident, enregistrer plus de 2 cas des blessés ou des morts dans une même famille est un coup dur pour la famille», avertit le sous‑commissaire principal Paulin Tandema, repris par les médias. Certains parents, comme Joseph Liripa, avouent leur résignation: «On n’a pas de choix, c’est tout ce que nous avons comme moyen de transport». Et il arrive que la précarité tourne au drame: le 6 septembre dernier, un garçon de six ans fut grièvement blessé sur le tronçon rond‑point TMB–Sonas après être monté sur une moto. Tshikapa, 1er juin 2023.
Par ailleurs, la première journée des épreuves nationales de fin d’études primaires à Mabondo, dans la ville de Tshikapa province du Kasai, a basculé dans le drame lorsqu’une moto roulant à vive allure, transportant deux élèves finalistes, a percuté deux enfants qui traversaient la chaussée devant la mosquée Rahm de Milambu.
Au total, quatre enfants ont été grièvement blessés; deux d’entre eux ont été conduits au centre de santé Notre Dame de Lauss. Là encore, l’excès de vitesse est pointé comme cause principale, et le constat est amer: la fête des examens peut se transformer en tragédie à cause d’imprudences sur la voie publique.
Appel à l’amélioration des infrastructures sur des tronçons accidentogènes
Aru -Ituri, 17 mars 2022. De même, à Arriwara, un motard transportant quatre élèves a été percuté par un autre motard. Le conducteur qui portait les élèves est mort sur place; ces trois enfants ont été blessés, l’un ayant perdu connaissance. Selon le personnel soignant, la collision aurait été provoquée par une perturbation due à un piéton. En conséquence, la vulnérabilité des petits passagers face aux aléas du trafic est cruellement mise en lumière.
Kinshasa, 15 juillet 2015. En outre, la liesse provoquée par la publication des résultats de l’examen d’État a entraîné des débordements dans certains quartiers. À Lingwala, dans la ville de Kinshasa, deux jeunes filles en état d’euphorie sur une moto ont été renversées par une voiture dont le conducteur a pris la fuite. Les victimes et le motocycliste ont été évacués d’urgence. Ce fait souligne que la combinaison foule, alcoolisation possible, ou comportements imprudents peut aggraver considérablement le risque routier.
Kinshasa, 19 janvier 2009. Enfin, le souvenir du jeune Carlos, six ans, fauché par un moto‑taxi lancé à grande vitesse dans le quartier industriel de Limete, reste vif. Gravement blessé, il symbolise l’indignation suscitée par la dangerosité de certaines pratiques routières et l’urgence de réactions concrètes.
Une trajectoire récurrente -entre précarité et impunité
À travers ces épisodes, un fil rouge apparaît: surcharge des motos, excès de vitesse, absence d’alternatives de transport pour de nombreuses familles et comportements à risques des usagers. Pourtant, la responsabilité ne se limite pas aux seuls conducteurs. Les parents, souvent contraints par la nécessité, les autorités locales et l’État ont aussi un rôle à jouer pour empêcher que la route ne devienne un cimetière d’enfants.
Pourtant, au-delà de l’émotion, des pistes d’action s’imposent: renforcement des contrôles routiers, campagnes de sensibilisation ciblées auprès des parents et des motards, développement d’offres de transport scolaire sécurisées et abordables, et amélioration des infrastructures routières -notamment sur des tronçons accidentogènes comme la descente du pont Mpozo. Sans mesures coordonnées, la succession de ces tragédies risque de se poursuivre.
En définitive, chaque nouvel accident rappelle qu’il ne suffit pas d’égrener des chiffres : il faut agir pour que le trajet vers l’école redevienne, bel et bien, un espace de protection plutôt que de danger.

