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Le chevronné Kamanda wa Kamanda prend sa retraite à la RFI après ses 25 ans de pige

C’est maintenant la retraite! Une nouvelle étape de la vie que Kamanda wa Kamanda Muzembe, une véritable icône de la presse RD-congolaise, a choisie. Célèbre correspondant de Radio France internationale -RFI-, ancien journaliste de la Radio-Télévision nationale congolaise -RTNC- et de la radio gabonaise Africa n°1, il a pris officiellement sa retraite de RFI après 25 ans d’antenne sans interruption. Une retraite méritée. Très bien méritée même après de beaux et loyaux services rendus non seulement à cette radio internationale mais également à tous ses auditeurs ainsi qu’à ses sources informatives. Certainement, c’est le samedi 27 juillet, après son passage à l’antenne faisant la lecture sur le site sa dernière revue de presse RD-congolaise que cet homme à la voix radiophonique a véritablement signé son départ à la retraite.

«AfricaNews» et l’Agence congolaise de presse -ACP- se sont associés, à travers leurs Directeurs généraux, à savoir: Achille Kadima Mulamba et Bienvenue Bakumanya, à l’ensemble de la population RD-congolaise pour souhaiter une bonne retraite à ce grand professionnel de micro. Kamanda wa Kamanda Muzembe reste pour la jeunesse du pays une référence, mieux une bibliothèque auprès de laquelle les générations devront fréquenter pour se ressourcer. Bien se ressourcer pour la simple raison que ce journaliste a connu les hauts et les bas dans ce métier de journaliste surtout qu’il a travaillé presque durant tous les régimes de la RD-Congo.

De Joseph-Désiré Mobutu à Félix-Antoine Tshisekedi en passant par Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, il était toujours à la tâche avec son micro, son stylo et son carnet. Kamanda wa Kamanda a parcouru toutes les provinces pour ne pas dire les coins et recoins du Congo profond. C’est un vertébré et chasseur de la presse qui a non seulement un très bon background mais encore un riche carnet d’adresse. Pour ce départ à la retraite, RFI a décidé de rendre hommage au journaliste correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda, en mettant l’accent sur son parcours professionnel. Découvrez l’entretien réalisé par RFI.

A la question de savoir si le journalisme a été une vocation pour lui? Baudouin Kamanda wa Kamanda a clairement dit non. «Non, je voulais devenir médecin, mais il y a eu des répressions étudiantes pendant le régime de Mobutu, au début des années 1970. Des jeunes ont même été enrôlés, plusieurs universités fermées. J’ai échappé à l’enrôlement, mais je n’ai pu m’inscrire dans le cursus de médecine, je me suis donc dirigé vers un cursus de français et de linguistique», a-t-il répondu. Et de poursuive: «après est arrivé le journalisme, et quand j’ai terminé mes études, je suis rentré au plus grand quotidien du soir de Kinshasa: Elima. J’y suis resté cinq ou six ans avant de présenter le concours de la Voix du Zaïre, à la Radio-Télévision nationale congolaise».

Au point de savoir si c’est à la Voix du Zaïre qu’il a appris à faire de la radio? Kamanda wa Kamanda a été très affirmatif à RFI. «Exactement, c’est là où j’ai commencé à la radio. J’en garde de très bons souvenirs, c’étaient de bons moments, notamment quand avec Kasongo Mwema Yamba Yamba, Kasangana Mbengu, nous présentions alors l’édition du journal du matin, -Zaïre matin week-end. On nous appelait les 3 K. Je serais resté très longtemps à la Voix du Zaïre, mais quand l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo -AFDL- de Laurent-Désiré Kabila est arrivée au pouvoir, j’ai été mis de côté. Avec plusieurs autres journalistes, nous avons même été arrêtés, fouettés, avant d’être mis à l’écart», a-t-il précisé.

Au point de vouloir connaitre si en parallèle, Kamanda wa Kamanda avait déjà commencé sa collaboration à la radio panafricaine Africa n°1, le désormais retraité de RFI a répondu en ces termes: «Oui, j’ai commencé en 1991, j’ai collaboré avec cette radio pendant une dizaine d’années. C’est pour moi le début des reportages. Jusqu’à ce que je sois approché par RFI, par Jean-Karim Fall, Christophe Boisbouvier et Ghislaine Dupont. Nous sommes au début de juillet 2001 et je commence à travailler pour RFI. C’est pour moi une consécration. À partir de là, je ne pouvais plus travailler pour un autre média concurrent et c’est donc le début de plus deux décennies de collaboration».

Au sujet des souvenirs qu’il garde de cette période, Baudouin Kamanda wa Kamanda s’est souvenu plus de nombreux reportages réalisés à RFI ou à Africa n°1. «Que ce soient les 10 années à Africa n°1 et mes nombreuses années à RFI, c’est surtout beaucoup de reportages. J’ai été partout à l’intérieur du pays, je suis même allé dans d’autres pays africains, mais aussi en Europe, en Asie. J’ai aussi couvert tous les régimes en place depuis Mobutu et des conflits. Plusieurs fois, je me suis rendu dans des zones en guerre, des zones de combats», a-t-il indiqué.

Et de continuer: «et j’ai rencontré des grands hommes. J’ai connu tous les dirigeants du pays, même ceux d’aujourd’hui. Ces deux médias m’ont permis de quitter le carcan du Congo pour être suivi dans le monde entier».

En ce qui concerne son reportage le plus marquant, le célèbre journaliste reporter de FRI en RD-Congo a précisé: «c’est à Kisangani pendant l’avancée de l’AFDL à la fin des années 1990. L’armée de Laurent-Désiré Kabila est aux portes de la ville, on nous dit qu’ils sont déjà dans les bananeraies alentours. Des militaires nous demandent, avec un autre journaliste, d’aller à l’aéroport rapidement de prendre l’avion pour ne revenir que le lendemain. Finalement, l’AFDL prend la ville très rapidement et nous ne sommes jamais revenus à Kisangani. Je me souviens aussi des camps de réfugiés rwandais vers Goma en 1994, je les avais visités avec le Premier ministre Léon Kengo. Ce sont des choses qui me marquent encore aujourd’hui».

Au souci de RFI de savoir s’il va rester son auditeur, Kamanda wa Kamanda a précipitamment dit oui parce qu’il doit continuer à s’informer. «Oui, je ne vais pas me couper de l’information. J’ai passé toute ma vie dans l’information, pourquoi me couperais-je de l’information alors que je prends ma retraite? Au contraire, je dois continuer à m’informer. D’autant plus que j’écris un livre sur ma carrière», a clairement répondu Kamanda wa Kamanda. Le souhait des RD-Congolais est que Kamanda puisse rédiger des annales à l’instar de Mikombe Wa Kashimpolo de la Radiotélévision nationale congolaise qui a publié un livre intitulé: «Journaliste, la main tendue», où il relate ses aventures du métier, ses rencontres, ses déboires ainsi que ses souvenirs, alors qu’il preste encore.

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