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Lauriane Ngamayamu: «Allons à l’hôpital en cas de paludisme, Dieu guérit aussi au travers des médecins»

Étudiante en deuxième année de graduat, faculté de Pharmacie à l’Université de Kinshasa -UNIKIN, Lauriane Ngamayamu est également présidente de la jeunesse à l’Eglise Centre missionnaire Sion à Salongo, dans la commune de Lemba, à Kinshasa. A ce titre, elle a été sélectionnée par son église pour suivre la formation sur la lutte contre le paludisme en RD-Congo, organisée par le Programme national de lutte contre le paludisme -PNLP- et l’ONG Impact Santé Afrique -ISA- en vue de sensibiliser les fidèles de son église sur ce fléau.

Au cours de cette formation, il leur avait été dit que le nombre estimé de décès imputables au paludisme s’est élevé à 608 000 en 2022 contre 610 000 en 2021. Et environ 27 millions de personnes avaient été affectées en 2022. Préoccupée et effrayée par ces statistiques, elle invite tout le monde à dormir sous la moustiquaire imprégnée et d’aller à l’hôpital au moindre symptôme pour éviter le pire. Elle livre ce message dans un entretien accordé à «AfricaNews». Interview.

Bonjour Madame! Vous aviez participé à la formation sur la lutte contre le paludisme en RD-Congo organisée par le Programme national de lutte contre le paludisme -PNLP- et l’ONG Impact Santé Afrique -ISA. Qu’est-ce qui vous a plus marqué?

Bonjour, Monsieur! Bien sûr que j’ai participé à la formation sur la lutte contre le paludisme en RD-Congo, organisée par le PNLP et ISA en faveur des professionnels des médias, des acteurs de la Société civile dont les églises. Ce qui m’a plus marqué durant cette formation, c’est la précision avec laquelle les facilitateurs ont exposé sur la lutte contre le paludisme en RD-Congo. J’ai appris beaucoup d’informations sur ce fléau que je ne connaissais pas avant.

Vous avez représenté votre Église à cette formation. Quelle a été la réaction des fidèles lors de votre restitution sur la lutte contre le paludisme? 

Lors de ma restitution à l’Eglise, les fidèles étaient étonnés d’entendre que ce ne sont pas tous les moustiques qui transmettent la malaria mais seulement les anophèles femelles.

Avez-vous comme l’impression que vos fidèles sont au courant de la dangerosité du paludisme en RD-Congo?

Non pas du tout! Ils étaient vraiment étonnés de voir les statistiques effrayantes en termes de mortalité et de morbidité qu’a causé le paludisme dans notre pays en 2022.

Est-ce que la plupart de vos fidèles dorment-ils sous la moustiquaire imprégnée puisque vous leur avait expliqué la situation du paludisme en RD-Congo?

Non! Les uns disent que ça chauffe et les autres que ça étouffe. Néanmoins, j’ai insisté que c’est pour notre propre bien de dormir sous la moustiquaire pour réduire le risque de contamination étant donné que le paludisme est la première cause de morbidité, d’hospitalisation et de mortalité dans notre pays surtout chez les enfants de 0-5 ans et les femmes enceintes. 

Le vaccin antipaludique sera administré aux enfants de 0 à 5 ans à partir du mois d’août. On vous l’a annoncé lors de la formation.  Quelle est votre réaction?

Je ne peux qu’encourager les efforts fournis par nos autorités et leurs partenaires dans le cadre de la prévention et de la réduction de ce fléau qui fait des ravages dans notre pays. Non seulement le paludisme tue mais il décime la race humaine. La lutte pour son élimination se doit de bénéficier du soutien de tout le monde. Et ce, partant des décideurs en passant par les soignants pour déboucher sur les populations, victimes de cette maladie.

Qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles de votre église durant toute la période de vaccination?

Je leur demande de ne pas hésiter à faire vacciner leurs enfants pour les épargner de la malaria et d’en informer également leurs proches. 

Il y en a qui refusent de prendre de médicament préférant prier pour guérir. Quel conseil donnez-nous à vos fidèles en cas du paludisme?

Évidemment que la prière sauve, mais vaut mieux prévenir que guérir. Nous devons savoir que Dieu guérit aussi au travers des médecins et des médicaments. Il est important d’aller à l’hôpital pour se faire diagnostiquer et se faire soigner. 

Êtes-vous déjà affectée par le paludisme?

Oui, à plusieurs reprises j’ai contacté le paludisme.

Comment avez-vous fait pour être guérie?

Dès que je sens que ça ne va pas, je vais directement à l’hôpital et après avoir été examinée et testée positive au paludisme, le médecin me prescrit des médicaments contre la malaria. Je fais tout mon mieux pour terminer ma cure.

Quel message adressez-vous à tous ceux qui vont vos lire dans ces colonnes?

Je leur dis que le paludisme cause beaucoup de décès en RD-Congo. Ce n’est qu’en travaillant tous main dans la main en respectant les mesures préventives que nous allons arriver à éliminer ce fléau. Je vous remercie.

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